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Commerzbank intéresse aussi le Crédit Agricole

Alors qu'un rapprochement avec BNP Paribas est évoqué, Crédit Agricole a fait savoir qu'il examinerait avec attention une éventuelle reprise de la banque allemande.

Le patron du Crédit Agricole, Philippe Brassac, examinerait la reprise de la banque allemande Commerzbank si celle-ci était à vendre, affirme-t-il ce lundi dans une interview accordée au Handelsblatt.

La banque parisienne a adopté sa stratégie à l'horizon 2019 qui ne prévoit que des changements à la marge de sa stratégie de banque universelle. La croissance doit essentiellement reposer sur ses propres forces. "Mais cela ne veut pas dire que nous ne regarderons pas des opportunités intéressantes. Si une grande banque comme Commerzbank était en effet à vendre, nous devrions, en tant que l'un des établissements les plus importants de la zone euro, certainement analyser cela", affirme le dirigeant.

Le Crédit Agricole est actif en Allemagne de longue date mais sans y développer de réseau de banque de détail. Il ne détient pas non plus de portefeuille de petites et moyennes entreprises dans ce pays.

"Notre présence (en Allemagne) a été à ce jour une réussite, la croissance est bonne", selon Philippe Brassac, qui ajoute que "ce serait bien si nous pouvions offrir au client en Allemagne une offre aussi complète que celle déjà présente en Italie et en France."

Incertitude autour de la décision de l'État allemand

Les spéculations vont bon train sur l'avenir de la participation de 15% de l'État allemand dans Commerzbank, alors que le ministère allemand des Finances avait déclaré fin septembre à la presse que l'État fédéral ne voulait pas rester indéfiniment actionnaire.

Parmi les éventuels acheteurs évoqués par la presse allemande figurent le groupe italien Unicredit et le français BNP Paribas. Le patron de BNP, Jean Lemierre, a toutefois estimé jeudi auprès de Bloomberg TV que la consolidation bancaire se ferait d'abord "au niveau national" avant d'être transfrontalière.

Berlin était entré en 2009 moyennant plus de 5 milliards d'euros au capital de la banque au logo jaune, prise dans la tourmente de la crise financière, pour la sauver de la faillite. Le paquet de titres encore en sa possession est estimé au cours actuel à environ 2,2 milliard d'euros.

Ce lundi, le titre Commerzbank prenait en matinée 0,09%, à 11,59 euros, après avoir gagné en début de séance jusqu'à 1,4%. Un niveau encore trop faible alors que Berlin a affiché sa détermination à obtenir un "bon résultat pour le contribuable allemand" à travers une cession de sa participation.

Y.D. avec AFP