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Comment Malakoff Humanis utilise les données de ses assurés pour lutter contre l'absentéisme

Le groupe de protection sociale paritaire et mutualiste propose aux entreprises un "diagnostic du capital humain" pour identifier précisément les raisons de cet absentéisme et mettre en place des solutions sur-mesure.

Lutter contre l'absentéisme au travail, c'est l'un des grands enjeux actuels, au sein de nombreuses entreprises. Le taux d'absentéisme a ainsi progressé de 16% ces cinq dernières années pour s'établir à 3,75%, selon une étude de Gras Savoye Willis Towers Watson, publiée en août dernier. Stress, démotivation, poids de l'environnement familial sont les raisons avancées pour expliquer cette tendance qui touche toutes les tranches d'âge, mais plus particulièrement celle des 30-49 ans.

"On est en train de vivre une mutation au sein du monde du travail" avec "l'apparition de l'intelligence artificielle" et du "digital", explique Thomas Saunier, le patron du groupe de protection santé groupe de protection Malakoff Humanis, ce mercredi sur le plateau de Good Morning Business. Sans compter le "mode de management" qui évolue et les phénomènes d'allongement de la vie professionnelle qui fragilisent certains employés. "Un salarié sur deux est en situation de fragilité (maladie grave, handicap, situation d’aidant, endettement financier…) soit pour des raisons personnelles soit pour des raisons professionnelles" souligne Thomas Saunier.

Une "utilisation de la data massive"

Face à ce constat, le nouveau groupe (Malakoff Médéric et Humanis ont fusionné il y a un an) propose aux entreprises son "diagnostic du capital humain", censé évaluer la situation et proposer des solutions pour chaque entreprise. Car si la situation est compliquée pour les salariés absents, elle le devient aussi pour les entreprises. "On est convaincu que la performance sociale des entreprises est le premier levier de la performance économique des entreprises" explique le patron. Moins d'absentéisme, "cela a un avantage direct pour l'entreprise car cela fait moins de dépenses et donc (…) on baisse nos tarifs" explique-t-il. Surtout, "pour un euro d'économisé en absentéisme, c'est trois euros d'évités en désorganisation."

Malakoff Humanis propose donc un outil, basée sur une "utilisation de la data massive" souligne le directeur général. "Une entreprise donnée, on arrive à la comparer par rapport à des entreprises de la même taille et on arrive à la comparer par rapport à des entreprises de la même branche". Le tout en s'appuyant sur les données des 10 millions d'assurés. "On arrive donc à faire émerger, effectivement, les caractéristiques propres de l'absentéisme dans l'entreprise et mettre en place des programmes de prévention en amont." Un simulateur a même été mis en ligne pour obtenir les moyennes d'absentéisme, en fonction de la nature précise des entreprise (nombre de salarié, moyenne d'âge, genre…).

Des solutions sur-mesure 

L'idée est donc de "dépister" les problèmes en amont pour éviter les recours aux arrêts-maladie mais aussi d'éviter le "présentéisme maladie" qui consiste à venir à renoncer à un arrêt, ce qui s'avère finalement plus mauvais pour les entreprises, à terme. Conditions de travail, accompagnement du retour à l’emploi voire campagne de vaccination… L'outil va ainsi proposer des solutions précises.

Pour quel résultat? L'absentéisme a baissé de 12% chez les entreprises qui ont mis en place ce type d'actions contre une augmentation de 15% pour ceux qui n'ont rien fait, assure Malakoff Humanis.

Thomas Leroy