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Changement climatique: les banques et les assurances sont-elles prêtes ?

La Banque de France a mené des "stress tests climatiques" avec différents scénarios pour voir si le secteur financier français était prêt à faire face aux conséquences du changement climatique.

Le secteur financier français est-il prêt à faire face au changement climatique ? La Banque de France a mené des "stress test climatiques" pour s'assurer de la solidité des banques et des assurances. "Le risque climatique fait partie du risque financier, ne serait-ce que parce que le risque climatique change la valeur des actifs qui sont détenus par les compagnies d'assurance ou indirectement par les banques", a expliqué ce mercredi matin le gouverneur de la banque centrale française, François Villeroy de Galhau, sur le plateau de Good Morning Business.

Comment fonctionnent ces "stress tests"? "Nous nous sommes projetés à trente ans avec des scénarios climatiques. Nous avons testé quatre scénarios différents (…) pour voir comment les risques des banques et des assurances se déformaient à l'horizon de ces trente ans dans ces quatre scénarios", a précisé le gouverneur. Sur l’ensemble du territoire français, le changement climatique impliquerait ainsi une hausse de la sinistralité liée aux catastrophes naturelles de 2 à 5 fois pour les départements les plus touchés et les primes augmenteraient de 130 à 200 % sur 30 ans pour couvrir ces pertes.

Mis à part le pire des quatre scénarios, où aucun changement n'est mis en œuvre pour contrer le changement climatique, les trois autres scénarios imaginent une transition plus ou moins rapide et ordonnée vers les objectifs de l'accord de Paris. Ces "risques de transition" sont associés "à une hausse du prix du carbone pour éviter le réchauffement climatique", mais cette augmentation "a des effets sur certains secteurs", poursuit-il. "Les risques de transition sont d'autant mieux maîtrisés et d'autant plus faibles que la transition commence tôt, pour relever le prix du carbone".

17% du portefeuille des assurances

La Banque de France a observé en particulier sept secteurs sensibles comme le secteur pétrolier ou l'industrie chimique, l'agriculture ou la gestion des déchets. Ces secteurs les plus touchés par le risque de transition représentent 9,7% du portefeuille de crédit des banques et 17% du portefeuille des assureurs, selon les résultats des "stress tests climatiques". "Plus on s'y prend à l'avance, mieux les choses se passent, parce que ces différents secteurs économiques et les institutions financières ont le temps de s'adapter", assure François Villeroy de Galhau.

"Quand on pondère ces différents scénarios par le poids de ces secteurs sensibles, on arrive à une augmentation du risque pour les banques à horizon 2050 est de l'ordre d'un quart à un tiers. C'est maîtrisable (…) mais ce n'est pas négligeable". Pour le gouverneur de la banque centrale, "le risque est modéré mais il faut s'en occuper activement".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV