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Cette banque indienne dont les actions s’arrachent à prix d’or

HDFC offre une rentabilité inégalée

HDFC offre une rentabilité inégalée - Dipten Dudutta - AFP

La banque indienne HDFC suscite un tel engouement de la part des investisseurs étrangers que ces derniers sont prêts à payer une "prime" de 20% pour acquérir des parts dans son capital.

Elle a à peine 21 ans et a le monde à ses pieds. Du moins le monde de la finance. La banque indienne HDFC (pour “Housing Development Finance Corporation”) Bank voit en effet les investisseurs se battre pour pouvoir détenir ne serait-ce qu’une part infime de son capital.

A tel point que ces mêmes investisseurs étrangers sont prêts à accepter de payer jusqu’à 20% de plus que le prix de marché pour acheter ses actions, comme le rapporte Bloomberg.

En effet, en Inde la loi limite à 49% la part des actions pouvant être détenues par des actionnaires étrangers. Une fois ce seuil franchi, les investisseurs étrangers ne peuvent plus acheter le titre directement sur le marché et sont obligés d’aller sur une place réservée où les actions existantes s’échangent avec une prime. Début avril, cette prime a atteint le niveau record de 20,6% dans le cas de HDFC.

La banque "la plus chère du monde"

L’appétit des investisseurs a inexorablement conduit le titre à atteindre des sommets. Avec une capitalisation boursière de 41 milliards de dollars, HDFC reste encore assez loin des plus grandes banques telles que Wells Fargo (287 milliards de dollars) ou la chinoise ICBC (256 milliards). Sauf qu'au regard de sa taille, sa valeur en Bourse est spectaculaire. Elle représente 5,6 fois la taille de son bilan, soit quatre fois plus que les établissements composant le Bloomberg World Banks Index.

De plus son “Price to book”, (en somme, la valeur de marché de la banque par rapport à sa valeur comptable), un ratio très utilisé dans le secteur, est le plus élevé parmi les 50 plus grands établissements du monde en capitalisation.

Autant d’indicateurs qui font dire à Bloomberg qu’HDFC est la banque “la plus chère au monde”. Pas mal pour une entreprise qui vient de fêter ses 20 ans. Elle est née en 1994 à Bombay.

Plus de 20% de croissance des bénéfices depuis 1998

Depuis cette date, elle a toujours été dirigée par Aditya Puri, un ancien directeur général de Citigroup en Malaisie, qui a figuré dans le classement 2013 des 30 meilleurs PDG au monde du magazine américain Barron’s, aux côtés de Mark Zuckerberg ou Warren Buffet. Car Aditya Puri, dont la fille est actrice à Bollywood, a joué un rôle prépondérant dans la construction de la deuxième plus grande banque privée indienne, derrière ICIC.

Il a incité sa banque à s'intéresser à la classe moyenne qui n’a cessé de croître et de gagner en pouvoir d’achat. Les résultats sont impressionnants. Depuis 1998, les bénéfices de la banque ont toujours augmenté d’au moins 20% par an, une performance qu’aucun grand établissement n’a jamais accomplie. On comprend ainsi mieux pourquoi les investisseurs étrangers s’arrachent ses actions. D’autant que cette recherche de la croissance ne s’est pas faite à l’aveugle: le taux de crédit douteux d’HDFC n’est que de 1%, soit 4,5 fois moins que la moyenne en Inde, selon Bloomberg.

De bonnes performances qui permettent à HDFC de figurer depuis huit ans dans la liste de Forbes “Asia Fab 50”, soit les 50 entreprises cotées asiatiques les plus prometteuses.

Un appétit sans fin des investisseurs étrangers

Et la success story ne semble pas encore arriver à son paroxysme. Les analystes estiment en effet qu’HDFC pourrait encore voir ses bénéfices progresser de 30 à 35% sur les trois prochaines années.

La banque pèserait ainsi encore plus lourd en Bourse. “Les étrangers ont un appétit sans faim pour des valeurs comme HDFC, qui génèrent de la croissance de long terme et présente des bilans propres”, explique UR Bhat, directeur de la division indienne de Dalton Capital advisors, cité par Bloomberg.

HDFC Bank semble donc avoir un avenir radieux. Quant a son passé, il a déjà fait l’objet d’un livre: “A Bank for the Buck" de Tamal Bandyopadhyay, publié il y a deux ans.

Julien Marion