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À Saint-Martin et Saint-Barth, les victimes d'Irma sont loin d'être toutes assurées

À Saint-Martin, près de 90% des bâtiments, dont 69% de logements, a été endommagé. Quant à Saint-Barth, les dégradations ont touché 70% du bâti de la ville dont 72% de logements.

À Saint-Martin, près de 90% des bâtiments, dont 69% de logements, a été endommagé. Quant à Saint-Barth, les dégradations ont touché 70% du bâti de la ville dont 72% de logements. - Lionel Chamoiseau - AFP

Les assureurs s'engagent à rembourser les victimes dans "deux à trois mois", mais pour être indemnisé, il faut être assuré. Et parmi les victimes, un tiers des habitants de Saint-Barth et moins de la moitié des Saint-Martinois n'ont souscrit aucun contrat multi-risques pour leur logement.

Saint-Martin et Saint-Barth ont perdu de leur splendeur. Le cyclone a transformé ces îles paradisiaques est champ de ruine qui laisse la population dans un total dénuement. Plus d’eau, plus d’électricité, plus de lignes téléphoniques, et pour la plupart, plus de logement. A Saint-Martin, près de 90% des bâtiments de la ville, dont 69% de logements, ont été détruits ou endommagés. Quant à Saint-Barth, les dégradations ont touché 70% du bâti de la ville dont 72% de logements. Difficile d'établir une estimation précise pour l'heure du coût des dégât. Pour Bertrand Labilloy, directeur général de la Caisse centrale de réassurance (CCR), la facture dépassera à coup sûr les 200 millions d'euros.

L'état de catastrophe naturelle ayant été déclaré, les victimes peuvent espérer une prise en charge financière par leur assureur des dommages occasionnés. Bertrand Labilloy assure que dans le cadre d'une procédure accélérée, les fonds arriveront "dans les deux, trois mois". Mais pour être indemnisé, il faut être assuré. Ce qui est loin d'être le cas de tous les habitants de ces deux îles.

90% des bâtiments de Saint-Martin endommagés

Aux Antilles, tous les professionnels souscrivent une assurance, mais les particuliers ne se protègent pas tous. Comme nous l'a indiqué la CCR, "En Métropole, 98% de la population est couverte par une assurance-dommage. En revanche, le taux de pénétration est globalement deux fois plus faible dans les Antilles. Avec des disparités locales: environ deux-tiers à Saint-Barthélémy et entre 40 et 50% à Saint-Martin."

Car, contrairement à ce que pensent beaucoup de Français, il n'y a pas d'obligation légale à assurer son domicile. Comme le précise la Fédération française de l’assurance (FFA) "la seule obligation est d’assurer au tiers les véhicules automobiles". En conséquence, "sans assurance, les biens des victimes ne seront pas indemnisés même si l’état de catastrophe naturelle a été déclaré" nous précise un porte-parole de la FFA. Quant aux véhicules, l'assurance au tiers ne suffit pas. "Pour bénéficier de la clause catastrophe naturelle, il faut avoir souscrit une assurance-dommage", explique la FFA.

Pour les sinistrés non-assurés, le seul recours reste l'intervention de l'État. "Il existe un fonds de secours pour l’Outre-Mer, un dispositif permettant l’aide financière en faveur des victimes des calamités publiques. Il est alimenté par des crédits provenant du budget de l’État", nous a indiqué la CCR.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco