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Antoine Frérot (Veolia): les dirigeants de Suez "ont trahi leur entreprise, leurs actionnaires et la France"

Le PDG de Veolia a vivement critiqué sur BFM Business le transfert de la branche "Eau France" de Suez vers un fonds de droit néerlandais. Il se dit pour autant décidé à maintenir son offre de rachat.

"Ce coup fourré n'est pas de nature à me faire renoncer". Invité de Good Morning Business ce jeudi, Antoine Frérot, PDG de Veolia, a montré sa détermination à racheter les parts d'Engie dans Suez malgré la dernière parade juridique jugée "pitoyable" du groupe spécialisé dans la gestion de l'eau et des déchets.

Mercredi, Suez a en effet transféré son activité "Eau France" dans une fondation de droit néerlandais pour les quatre années à venir afin de la rendre "inaliénable". Or, il s'agit justement de la branche que Veolia, qui propose d'acquérir l'essentiel de la participation d'Engie dans Suez, veut céder au fonds Meridiam pour répondre aux exigences de concurrence.

"Malgré tout ce qui se passe, je suis toujours acquéreur", a confirmé Antoine Frérot. Avant de critiquer l'attitude des dirigeants de Suez qui cherchent contrer l'offensive de Veolia. Ils "font chaque jour disparaître une partie de leur entreprise. Depuis six semaines, ils ont vendu 13.000 de leurs 90.000 salariés. Avant-hier c'était en Suède, le jour précédent en Allemagne... Aujourd'hui, ils transfèrent dans un paradis fiscal un de leur actif les plus importants", a-t-il lâché.

"Ils ont trahi leur entreprise, leurs actionnaires, ils ont même trahi la France"

Les dirigeants de Suez ont "également annoncé qu'ils allaient accroître leur plan d'économies et, pour couronner le tout, verser un milliard de dividendes exceptionnels", a ajouté Antoine Frérot. Il s'agit selon lui "d'une politique financière pour s'opposer à un projet industriel". "De la politique de la terre brûlée: 'Je vends tout', on est passé à une politique de désertion: 'Je transfère tout'", a-t-il dit.

Pour Antoine Frérot, les dirigeants de Suez "ont trahi leur entreprise, leurs actionnaires, y compris Engie, ils ont même trahi la France". "Parce que mardi, ils expliquaient qu'ils voulaient multiplier par deux la valeur du groupe. Et mercredi, ils font disparaître des centaines de millions d'euros de valeurs, sans aucune contrepartie".

Le patron de Veolia a assuré qu'il "regardera" si cet "exil" est légal "juridiquement". Il a néanmoins confirmé sa volonté de maintenir son offre pour réaliser son projet, à savoir "celui de construire en France un grand champion mondial de la transformation écologique" et ceci en garantissant qu'il n'y ait "aucune casse sociale".

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco