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Alain Griset estime que le couvre-feu avancé n'aura pas d'impact "significatif" pour les commerces

Alain Griset, le 24 juin 2020 à l'Elysée

Alain Griset, le 24 juin 2020 à l'Elysée - Ludovic Marin © 2019 AFP

Le ministre chargé des PME a dit "comprendre" que le couvre-feu puisse être perçu comme "un coup de plus" mais a remis en cause les chiffres avancés par les fédérations pour justifier son impact sur le chiffre d'affaires.

L'avancée à 18 heures du couvre-feu n'aura sans doute pas d'impact "significatif" sur le chiffre d'affaires des commerçants obligés de fait de tirer le rideau plus tôt, a estimé ce dimanche le ministre des Petites et moyennes entreprises (PME) Alain Griset.

"Je comprends que ça puisse de nouveau être considéré comme un coup de plus, et en termes (de) moral, toucher les entrepreneurs. En termes de perte de chiffre d'affaires, nous allons regarder naturellement, mais je ne suis pas persuadé que ce soit quelque chose de significatif", a affirmé Alain Griset sur Radio J.

"Tout d'abord ce n'est pas partout pareil. Moi je ne suis pas parisien et à Lille les commerçants s'arrêtent à 19 heures, donc on a (une fermeture) de 18 heures à 19 heures et il m'étonnerait beaucoup qu'on fasse 20% de son chiffre d'affaires entre 18 heures et 19 heures", a-t-il argumenté.

"Ouvrir une heure plus tôt"

Par ailleurs, selon lui, beaucoup de commerçants qui ferment habituellement durant "l'heure de midi" pourraient regagner une heure d'activité en restant ouvert à ce moment-là. "Certains ont même commencé à ouvrir une heure plus tôt" le matin pour compenser cette fermeture imposée à 18 heures, a-t-il ajouté.

A l'annonce de l'extension du couvre-feu à 18 heures sur tout le territoire, le directeur général de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) Jacques Creyssel avait pointé que "les courses alimentaires après 17 heures représentent à peu près 30% du chiffre d'affaires". "Il y aura du report. Dans certains cas tôt le matin, entre midi et deux. Il y aura de la livraison. Mais les commerces vont souffrir: les plus gros, les centres commerciaux, les hypermarchés, mais aussi les petits magasins d'habillement par exemple", avait-il encore précisé.

Une nouvelle réglementation pour les indépendants

Au cours de son interview, Alain Griset a également indiqué qu'il présenterait dans les prochaines semaines des propositions au Premier ministre pour adapter l'environnement réglementaire des travailleurs indépendants.

"J'ai dit depuis très longtemps que les travailleurs indépendants travaillaient dans un environnement qui n'avait pas été construit pour eux. On a des réglementations, des lois qui ont été faites globalement pour les très grandes entreprises", a affirmé le ministre, énumérant les questions du statut juridique, du calcul de cotisations, de la transmission d'entreprise et de la formation.

"Dans les prochaines semaines, je serai amené à proposer un certain nombre de mesures pour améliorer leur situation", a-t-il dit, évoquant la période de fin février-début mars. Il espère que ces évolutions, qui concerneront selon lui environ 3 millions d'indépendants, pourront être entérinées avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron. Mais certains changements qui devront être adoptés par la loi dépendront du calendrier parlementaire.

P.L. avec AFP