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Airbus a livré 863 avions en 2019, surclassant Boeing

Airbus a livré 642 avions de la famille A320 en 2019

Airbus a livré 642 avions de la famille A320 en 2019 - Christian Charisius / dpa - AFP

Airbus annonce avoir livré 863 appareils en 2019, le total le plus élevé de son histoire malgré des retards de production qui l'ont obligé à abaisser ses objectifs en cours d'année. Dans le même temps, son concurrent Boeing a vu ses livraisons s'effondrer suite à la crise du 737 MAX.

L'avionneur américain, qui dépassait Airbus en matière de livraisons depuis 2012, n'a pas encore dévoilé ses chiffres annuels. Mais selon les derniers chiffres, il n'avait livré que 345 avions de ligne sur les onze premiers mois, deux fois moins qu'en 2018 sur la même période. A l'inverse, les livraisons d'Airbus ont grimpé de 8% l'an dernier par rapport à 2018.

Si Airbus n'a jamais autant produit d'avions sur douze mois, l'avionneur européen avait néanmoins dû revoir à la baisse ses objectifs de livraisons en cours d'année, un indicateur crucial de rentabilité dans l'aéronautique.

Alors qu'il tablait initialement sur "880 à 890" livraisons en 2019, le groupe avait indiqué en octobre qu'il prévoyait finalement de livrer "autour de 860 avions commerciaux", contre 800 en 2018. Finalement 863 appareils ont été livrés. L'avionneur rencontre des difficultés de production liées à la montée en cadence de la production de l'A321 ACF, un modèle permettant une configuration plus flexible des cabines mais plus complexe à produire qu'un A320.

642 appareils de la famille A320 livrés en 2019

Dans le détail, Airbus a livré l'an dernier 642 avions de la famille A320 (A319, A320 et A321), contre 626 en 2018. Ce qui correspond pour l'an dernier à une cadence de 53,5 avions par mois sur les huit lignes de production pour la famille A320 dont dispose Airbus: quatre à Hambourg en Allemagne, deux à Toulouse, une à Mobile aux Etats-Unis et une à Tianjin en Chine. 

L'avionneur espère augmenter cette cadence de production à 63 monocouloirs par mois d'ici 2021 afin de résorber un carnet de commandes qui dépassait 6.000 appareils de cette gamme fin décembre.

Airbus a par ailleurs annoncé jeudi qu'il projetait de faire passer de cinq à sept avions sa production mensuelle d'avions de la famille A320 dans son usine américaine de Mobile. Une décision qui intervient alors que Washington a imposé des taxes punitives de 10% sur les avions construits hors des Etats-Unis en représailles aux subventions européennes accordées à Airbus.

1.131 commandes enregistrées en 2019

Airbus a par ailleurs annoncé vendredi avoir enregistré 1.131 commandes en 2019, dont 768 commandes nettes (si l'on exclut les annulations ou modifications de commandes). Parmi elles, 654 commandes nettes portent sur des monocouloirs de la famille A320, précise l'avionneur, qui se félicite d'"une réponse exceptionnelle du marché au nouveau A321 XLR" depuis l'annonce de son lancement en juin.

Fin octobre, la famille des monocouloirs A320, lancée en 1987, est devenue le type d'avions le plus commandé de l'histoire de l'aviation commerciale, devançant le nombre de commandes cumulées pour le Boeing 737, dont la première génération remonte à 1967, selon les données des avionneurs.

Dans la catégorie des gros-porteurs, Airbus a engrangé en 2019 des commandes nettes pour 89 appareils A330 et 32 A350. L'avionneur avait en revanche annoncé en février la fin de la production de l'A380, en bout de course faute de commandes et qu'il cessera de livrer en 2021.

La performance d'Airbus en 2019 lui a permis de franchir en fin d'année la barre des 20.000 commandes nettes cumulées enregistrées depuis sa création il y a cinquante ans.

De son côté, Boeing a connu une année noire: toute la flotte mondiale des 737 MAX, soit 387 appareils, est clouée au sol depuis le mois de mars après deux accidents en moins de cinq mois ayant fait 346 morts.

Le groupe américain a dû réduire drastiquement ses cadences de production du MAX et en suspendre les livraisons, avant d'annoncer mi-décembre l'arrêt de la production de son avion vedette à partir de janvier 2020, pour une durée indéterminée.

Sandrine Serais avec AFP