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Air France - KLM : Bercy dénonce une «initiative inamicale»

KLM

KLM - AFP

Bruno Le Maire rencontrera son homologue néerlandais pour une discussion « franche mais amicale, mais surtout franche » en fin de semaine.

Voilà de quoi créer quelques tensions diplomatiques entre Paris et La Haye. L’irruption surprise de l’Etat néerlandais au capital d’Air France – KLM a laissé les observateurs stupéfaits, à commencer par les autorités françaises. Selon une source de Bercy, citée par l’AFP et Reuters, « l’initiative » est jugée « inamicale, surprenante et très contestable ». La façon dont cette participation a été prise « rappelle les techniques de raider plutôt que d’Etat actionnaire », poursuit la source évoquant les traders spécialisés dans les OPA hostiles. Il y aurait ainsi une forme de « duplicité » dans le comportement de l’Etat néerlandais dont la décision est « destructrice de valeur. » Le cours du groupe aérien a lourdement chuté à l'ouverture des marchés, après l'annonce du coup de force néerlandais.

Une discussion « franche mais amicale, mais surtout franche. »

En fin de semaine, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire rencontrera donc son homologue néerlandais pour une discussion « franche mais amicale, mais surtout franche », selon Benjamin Griveaux. L’Etat néerlandais a acquis 12,68% du capital d’Air France – KLM mais compte l’augmenter à hauteur de 14%, soit le même niveau que celui de la France, actuellement premier actionnaire du groupe avec 14,29%.

Paris pourra donc officiellement protester contre ce raid surprise alors que les deux pays n’ont jamais caché leurs différences culturelles, notamment au sein de l’Europe. Ces derniers mois, Bruno Le Maire a, par exemple, fait face à l’opposition de La Haye sur son projet de taxe sur les GAFA.

Reste désormais à savoir si le patron du groupe, Benjamin Smith, pourra reprendre le leadership, coincé dans cette affaire d’Etats. La nouvelle gouvernance proposée, le 19 février dernier, semblait pourtant avoir apaisé les tensions du côté néerlandais, notamment avec le renouvellement du PDG de KLM Pieter Elbers. Ce dernier avait ainsi été nommé directeur général adjoint du groupe aérien. Pas une garantie suffisante, à en croire les Pays-Bas.