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5e vague: Jean-François Delfraissy plaide pour le retour massif du télétravail

Le président du Conseil scientifique estime que le recours plus généralisé au télétravail est l'un des leviers pour éviter que le système de soins soit à nouveau saturé.

Les chiffres ne sont pas bons. Avec près de 20.000 nouveaux cas rapportés ce mardi et un taux d'incidence supérieur à 100, l'émergence d'une cinquième vague se fait nettement sentir, le virus circule à nouveau activement.

Difficile encore de dire si la couverture vaccinale française (87,5% des plus de 12 ans) sera suffisante pour éviter une flambée des cas graves placés en réanimation. Pour Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique interrogé ce mercredi sur France Inter, il faut dès à présent actionner ou renforcer tous les leviers pour éviter une saturation du système de soins.

Le télétravail "pas suffisamment utilisé"

"Avec le niveau de vaccination que nous avons, nous avons les capacités pour faire face à la cinquième vague. À condition d’utiliser tous les outils de la boite à outils", avance-t-il. Parmis eux, le retour massif au télétravail. "Qu'est-ce qui nous reste dans la boîte à outils que nous n'avons pas encore suffisamment utilisé? Le télétravail est un des points" souligne-t-il.

"C'est une décision qui relève du dialogue entre l'Etat et les entreprises mais on pourrait probablement optimiser l'utilisation du télétravail dans cette phase pour faire face à la cinquième vague".

Cet avis est partagé par Olivier Véran, le ministre de la Santé: "le télétravail est un outil auquel nous avons eu recours quand il a fallu. Nous n'y sommes pas encore aujourd'hui, mais cela fait partie des mesures que nous pourrions mobiliser le cas échéant".

Pour le moment, le gouvernement n'entend pas imposer quoi que ce soit. Un retour obligatoire au télétravail pour tous ceux qui le peuvent "n'est pas d'actualité" indiquait le 3 novembre, Elisabeth Borne, la ministre du Travail.

8% des salariés en télétravail intégral en septembre

Concrètement, les entreprises doivent respecter la dernière version du protocole sanitaire en entreprise qui ne fixe pas de jours obligatoires de travail à domicile et prévoit que "les employeurs fixent dans le cadre du dialogue social de proximité, les modalités de recours à ce mode d’organisation du travail en veillant au maintien des liens au sein du collectif de travail et à la prévention des risques liés à l’isolement des salariés en télétravail".

En réalité, les entreprises ont clairement organisé le retour au bureau tout en octroyant (à travers des accords) un ou deux jours de télétravail par semaine.

A la faveur de l'amélioration de la situation sanitaire, le recours au télétravail se replie depuis plusieurs mois.

En septembre dernier, selon les chiffres de la Dares, 21% des salariés ont été au moins un jour en télétravail dont 8% tous les jours de la semaine (soit 2% de l'ensemble des salariés). C'est une baisse de 5 points en un mois.

Les entreprises qui imposent au moins un jour de télétravail par semaine ne représentent plus que 10% de salariés (après 19% fin août).

A titre de comparaison, en novembre 2020, un quart des salariés avait été au moins un jour en télétravail et 44% d’entre eux toute la semaine, soit un pic pour le recours au télétravail en France.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business