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En 10 ans les frais de scolarité des grandes écoles françaises ont explosé

Le campus d'HEC Paris, à Jouy-en-Josas.

Le campus d'HEC Paris, à Jouy-en-Josas. - -

+651% depuis 2009 pour l'Institut Mines Telecom, +100% pour HEC Paris, une moyenne qui dépasse les 50.000 euros pour un cursus global, le coût des grandes écoles privées françaises flambe.

Poursuivre ses études supérieures dans une grande école privée française (HEC, ESSEC, Mines...) coûte de plus en plus cher. C'est le constat d'une enquête menée par le site Misterprepa.net qui a passé au crible l'évolution des frais de scolarité depuis dix ans.

Et par évolution, il faut comprendre flambée avec une augmentation moyenne de 77% depuis 2009 pour une moyenne globale supérieure à 50.000 euros par cursus complet.

Avec évidemment des disparités très fortes: la palme de l'augmentation revient à l'Institut Mines Telecom Business School dont les frais explosent de 651% sur la décennie à 24.350 euros en 2020 contre 3240 euros en 2009. Le prix de la modération revient à l'ESC Clermont Business School avec +43,1%.

L'école la plus chère reste HEC Paris où la scolarité est facturée 53.320 euros, soit un quasi-doublement (98,2%) depuis 2009.

Evolution des frais de scolarité des Grandes Ecoles privées françaises
Evolution des frais de scolarité des Grandes Ecoles privées françaises © misterprepa.net

Désengagement des chambres de commerce

Pourquoi une telle flambée. Pour Dorian Zerroudi qui a mené cette enquête, "A l’origine, les Grandes Écoles de commerce et de management étaient des services des chambres de commerce et d’industrie (CCI) ayant pour rôle de former des cadres aptes à occuper des postes de direction. Depuis des années, ces écoles font face au désengagement croissant des chambres de commerce, qui étaient jusqu’à peu l’un des principaux pourvoyeurs de fonds des écoles. À titre d’exemple d’ici 2021, les trois Parisiennes verront leurs dotations passer de plusieurs dizaines de millions d’euros à… 0 euro".

Par ailleurs, "il est plus que nécessaire pour les Grandes Écoles françaises de rivaliser avec les grandes institutions internationales et cela se traduit par des infrastructures toujours plus innovantes, en bref tout ce qui peut assurer le rayonnement international de l’école. C’est le jeu de la concurrence internationale. L’augmentation des frais de scolarité des écoles de commerce marque ainsi un important besoin de développement".

Pour autant, les grandes écoles françaises restent encore et toujours (en moyenne) à des années lumière de leurs homologues américaines qui pratiqueent toutes (pour les plus prestigieuses d'entre elles) des frais supérieurs à 40.000 euros par an, le record revenant au MIT avec 54.500 euros par an.

Encore très loin des frais aux USA

"On constate ainsi que les frais annuels de certaines écoles américaines sont équivalents aux frais totaux d’écoles françaises à l’instar d’HEC Paris par exemple. En revanche, il est intéressant de se pencher sur les salaires moyens à la sortie de ces universités américaines, qui sont nettement supérieurs à ceux des salaires français", commente Dorian Zerroudi.

Reste qu'un tel niveau en France est un frein pour de nombreux étudiants malgré la mise en place par ces écoles de mesures d’aide au financement comme les bourses. Et pour ceux qui se lancent, c'est le plus souvent en s'endettant. De manière plus modérée en France qu'aux Etats-Unis où l'endettement des étudiants commence à devenir un problème sérieux.

Ainsi, en 14 ans, la dette des étudiants américains a été multipliée par plus de 3 passant de 481 milliards de dollars début 2006 à 1683 milliards de dollars début 2020, selon les chiffres de Learnbonds.com

Olivier Chicheportiche