BFM Business

Voici comment remettre à sa place un collègue sexiste

80% des salariées se disent régulièrement victimes de paroles ou d'actes sexistes. Face à des attitudes clairement machistes, il ne faut pas baisser les bras. Un certain sens de la répartie peut mettre à mal ce comportement inqualifiable.

Parfois prononcées sous le couvert de l'humour, ces petites phases sexistes empoisonnent la vie de bien des salariées. Il y a celles qui sont ouvertement hostiles, comme "les femmes sont hystériques et nulles en maths". Il y a celles qui sont à peine plus subtiles en tentant d'être drôles : "Vous êtes 3 femmes en réunion, vous faites une réunion Tupperware?". Et puis il y a ces phrases qui, sous couvert de paternaliste, n'en relèvent pas moins du sexisme. Comme quand un collègue se croyant inspiré interpelle une femme par un "Bonjour ma belle".

Selon le rapport du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP) : 80% des femmes salariées se disent régulièrement victime de sexisme au travail. Toute la difficulté est de savoir où se situe la limite entre l'inacceptable et la balourdise. Et inutile de se tourner vers le code du travail pour savoir ce qui tombe sous la coupe du sexisme, il n'y est pas fait mention. On passe directement à la notion de harcèlement moral, sexuel ou de discrimination. Pourtant le sexisme a un impact très fort sur les salariées: 93% des femmes expliquent qu'il nuit à leur productivité. Alors comment y faire face?

Développer son sens de la répartie

Selon les psychologues, pour ne pas souffrir de ces remarques, il faut cesser de subir. La solution: répondre aux collaborateurs qui ont eu des propos ou une attitude déplacés. Il faut le faire si possible avec le maximum d'humour pour tenter de désarmorcer les tensions. Si l'on vous apostrophe par un: "ça va ma belle", il faut répondre du tac au tac: "Oui, et vous mon beau ?".

La formule paraît tellement ridicule qu'en général cela va couper l'envie à ce balourd de vous interpeller de nouveau ainsi.

Autre approche, remercier pour décontenancer : "Merci pour cette remarque élégante qui nous fait grandir ensemble dans l'entreprise". Vous pouvez aussi inviter l'auteur à répéter sa phrase. En général, le courage a été épuisé à la première tentative.

De manière générale, il ne faut aller s'en plaindre à la DRH ou à son manager qu'en dernière extrémité, qu'une fois après avoir épuisé tous les recours et que l'ambiance devient vraiment malsaine.

Laure Closier, édité par C.C.