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Pourquoi les cadres ont tant de mal à se déconnecter du boulot?

Une partie des cadres justifient leur hyperconnexion par la crainte d'être débordé une fois de retour au boulot.

Une partie des cadres justifient leur hyperconnexion par la crainte d'être débordé une fois de retour au boulot. - terimakaih0- CC

En week-end ou en vacances, trois cadres sur quatre ne résistent pas à l'envie de consulter leurs messageries professionnelles, selon une étude menée pour Ifop-Securex.

L'hyper-connexion est un mal qui ronge de plus en plus les cadres. Ils sont en effet nombreux à être incapables de rester sans nouvelle de leur bureau, quitte à rogner leur temps de loisirs. 78% des cadres consultent leur mail et messagerie téléphonique professionnelle quand ils sont en week-end et en vacances, selon une étude menée par Ifop-Securex. 41% d'entre eux assurent se contenter de jeter un œil de temps en temps. Mais ils sont presque autant (37%) à avouer consulter "fréquemment" leurs messageries, un chiffre qui marque une hausse de 6 points par rapport au précédent bilan effectué il y a un an.

Mais quelles sont les motivations de ces personnes pour laisser leur vie professionnelle empiéter autant sur leur vie personnelle? Pour la moitié des sondés, c'st la crainte de ne pas être réactif en cas de problème. Ce que les auteurs de l'étude mettent sur le compte d'une difficulté à déléguer, ou bien d'une pression permanente concernant la gestion des urgences au sein de l'entreprise.

Des répercussions sur l'entourage

Les salariés expliquent leur hyper-connexion par la crainte d'être débordés à leur retour: ils sont 31% à se justifier ainsi. Enfin, 11% cherchent à savoir tout le temps ce qui se passe au boulot pour ne pas manquer d'éventuelles opportunités professionnelles.

Naturellement, cette veille continue n'est pas sans conséquences. 80% des cadres estiment qu'elle a des effets négatifs: pour la moitié d'entre eux c'est une source de stress, 29% reconnaissent que leurs proches sont agacés de les voir consulter tout le temps leurs mails. Et s'ils semblent très impliqués dans leur travail, les cadres estiment en retour ne pas bénéficier d'une attention particulière de la part de leur employeur. Par exemple, 52% des personnes interrogées affirment que leur entreprise n'a rien mis en œuvre pour le respect du droit à la déconnexion. Ils sont près de neuf sur dix à trouver que leur boss ne prend pas assez en compte la qualité de vie au travail.

(1) L'étude Ifop a été réalisée sous forme de questionnaires auprès d'un échantillon de 1002 personnes représentatives de la population de cadres française.

C.C.