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Pourquoi 1 Français sur 7 "ment" sur ses arrêts maladie

Une part importante des personnes interrogées évoquent une surcharge de travail

Une part importante des personnes interrogées évoquent une surcharge de travail - Jazbeck - Wikimedia Commons - CC

41% des actifs ont posé au moins un jour d'arrêt maladie en 2016, selon une étude Ifop/Securex. Et 13% d'entre eux reconnaissent l'avoir fait pour une raison autre que leur santé.

L'absentéisme pèse lourdement sur les entreprises. Une étude du cabinet Ayming de septembre dernier chiffrait en effet ce coût pour le secteur privé à 60 milliards d'euros par an. Un chiffre qui comprenait à la fois les coûts directs (remplacement éventuel du salarié, maintien du salaire, perte de valeur ajoutée) et indirects (prévention de l'absentéisme, coût de la prévoyance, etc).

L'absentéisme est évidemment lié à de nombreuses raisons (accident du travail, accident de trajet, maladie). L'une d'entre elles reste les arrêts maladie, qui sont plutôt nombreux en France par rapport aux autres pays européens.

Pourtant, la majorité des salariés ne posent pas d'arrêt maladie. En effet, selon une étude (*) Ifop-Securex publiée le 16 mai dernier, un actif sur quatre (41%) a posé au moins un jour en 2016, un chiffre qui atteint 50% chez les moins de 35 ans. En outre, 15% des personnes interrogés se sont arrêtées plus de 10 jours.

Des congés maladie pour d'autres raisons que la santé

"L'importance du nombre de salariés concernés par ces arrêts de travail confère un poids certain à cet enjeu dans l'entreprise", juge toutefois Sécurex.

Il faut dire aussi que 20% de ces actifs ayant posé un arrêt maladie jugent qu'ils auraient quand même pu venir travailler. "Ce score atteint 27% chez les hommes, 28% chez les moins de 35 ans, 36% chez les habitants de l’agglomération parisienne, et 48% chez les travailleurs indépendants", souligne Sécurex.

Cela est notamment dû au fait qu'une part non négligeable de salariés prennent des congés maladie pour des raisons autres que leur santé (13%). Lorsqu'on leur demande pourquoi ces salariés agissent de la sorte, 21% évoquent une surcharge de travail et le non-paiement des heures supplémentaires, 19% le font "par convenance personnelle". 18% parlent "d'une absence de motivation, de lassitude ou d'un sentiment de reconnaissance insuffisant du travail" et 13% donnent pour raison "un conflit avec un collaborateur ou un supérieur hiérarchique".

Ce qui doit donc rendre les managers vigilants, d'autant que près des deux-tiers des actifs interrogés (64%) affirment que leur travail a pu être pénalisé par l'absence de collègues. Et ce de diverses façons (surcharge de travail, horaires décalés, changement de poste).

(*) Enquête IFOP menée auprès d’un échantillon de 1 291 personnes, échantillon représentatif des actifs de 18 ans et plus actuellement en poste. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 6 avril 2017.

Julien Marion