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La canicule est-elle un motif légitime pour ne pas aller travailler?

La semaine s'annonce très chaude. Météo France prévoit des températures qui vont atteindre les 37 degrés dès lundi sur certaines parties de la France, et encore quelques degrés de plus les jours suivants. Travailler dans ces conditions peut être pénible, voire dangereux pour certaines professions. Tour d'horizon de ce que dit le droit du Travail.

Météo France nous avait prévenu: l'été 2019 s'annonce plus chaud que la normale. Les températures prévues pour cette dernière semaine de juin le confirment. Dès lundi, les températures vont tourner autour de 35°C dans de nombreuses régions et vont continuer à s'intensifier les quatre jours suivants, pour atteindre parfois 40°C. Soit 12°C à 15°C degrés de plus que les températures habituellement rencontrées en cette période.

Ces fortes chaleurs sont une épreuve pour les professionnels exerçant en extérieur, tels que les ouvriers des travaux publics, ou bien ceux qui subissent déjà la chaleur des machines dans des locaux mal ventilés. Mais le droit du Travail n'impose aucune température au-delà de laquelle le travail doit être suspendu.

Les employeurs doivent seulement prendre "les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs". Dans la pratique, les salariés doivent avoir à leur disposition de l'eau fraîche pour éviter la déshydratation. Et les employeurs décident souvent d'aménager les horaires de travail, en commençant par exemple la journée plus tôt, et en allongeant la pause de midi pour éviter que les travailleurs soient exposés aux heures les plus chaudes.

Adopter une tenue plus légère mais respectant les usages

Peut-on toutefois décider que les conditions sont trop dures pour continuer à travailler? Le salarié dispose bien du droit de retrait, mais ce n'est valable que si la situation présente un danger grave et imminent. Il faudra des preuves sérieuses pour que la canicule soit considérée comme telle, et ainsi ne pas s'attirer les foudres de son employeur pour retrait abusif.

Pour les salariés qui travaillent dans les bureaux, ces fortes chaleurs s'annoncent pénibles. Même si les locaux sont climatisés, la tentation est grande de porter une tenue plus légère, ne serait-que pour supporter les trajets dans les transports en commun bondés. Une fois encore, tout est question de mesure et de bons sens. Si le crop top et le mini-short sont parfaits pour le week-end, les porter au travail n'est pas recommandé. Les femmes ont de nombreuses options vestimentaires, comme les robes et jupes, si confortables lors des fortes chaleurs.

Pas le choix pour les uniformes

Pour les hommes le choix est certes plus limité. Et dépendra du secteur professionnel dans lequel on évolue. Si le bermuda et les sandales peuvent passer inaperçu dans une société d'informatique ou dans le secteur de la création, il sera plus mal vu dans les milieux plus conservateurs, comme la banque ou un cabinet de juriste.

Il y a encore la question de l'uniforme. Si pour des raisons d'hygiène, une blouse et une charlotte font partie de la tenue de travail, hors de question de les ôter sous prétexte de canicule. Tout comme le port d'un casque et de chaussures de sécurité dans un milieu exposé: il faudra les garder. Ainsi que les vêtements aux couleurs de leur enseigne que portent certains vendeurs ou serveurs. Il faudra prendre son mal en patience, les températures devraient baisser à partir du week-end prochain.

C.C