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Dites non à votre chef!

"Au bureau, souvent, vous rechignez à dire non, de peur de vous faire mal voir. Pourtant les coachs sont formels: à la demande de trop, il faut savoir dire non, même à son chef. "

Comme l'explique très bien un banquier, dire non est beaucoup moins facile que dire oui. Lorsqu'il dit oui à son client, la discussion est finie. Quand il lui dit non, il faut argumenter, expliquer, justifier. Et parfois à plusieurs reprises, quand le client insiste.

Au travail, pas question de dire non à tout, tout le temps. Mais parfois, à la demande de trop, vous devriez dire non, et vous dites oui. Par peur de contrarier, ou parce que vous pensez que refuser pourrait nuire à votre carrière. Pourtant les coachs sont formels: il faut savoir dire non, même à votre chef. Parce que se coltiner les dossiers que personne ne veut ne vous garantira pas sa reconnaissance. Pire, à force de charger la mule, vous allez faire, mais mal. Et c’est tout ce dont votre patron se souviendra, que vous avez mal fait. Pas que vous avez essayé. D'ailleurs selon un sondage CSA, la surcharge de travail est la principale raison des conflits avec son boss.

Sans remettre en cause la pertinence de la demande

Reste que dire seulement "non" s'avère délicat au bureau. Il ne faudrait pas que vous ayez l’air d’y mettre de la mauvaise volonté. Donc de temps en temps (mais vraiment avec modération), vous pouvez tenter la technique de l’autruche. C'est-à-dire faire en sorte qu’il ne vous demande rien. En réunion, quand votre chef cherche celui qui va rester jusqu’à 22h, fixez vos chaussettes. Un peu comme le jeu du regard, mais inversé: ne croisez surtout pas les yeux du boss.

S’il vous demande nommément quelque chose, là, vous pouvez adopter la technique du disque rayé, et marteler vos impératifs. "J’ai un rendez-vous, je ne peux pas décaler, c’est absolument impossible, c’est important pour moi", jusqu’à ce qu’il renonce de lui-même.

Et s’il insiste, vous pouvez encore tenter la technique de l’interrogatoire. Demandez-lui quelle est la nature de la mission, avec qui vous devrez collaborer, quelle est la deadline. Attention toutefois au ton que vous employez. Vous ne devez pas avoir l’air de questionner la pertinence de la demande. Cette technique consiste à gagner du temps, et à le mettre à profit pour réfléchir. Demandez-vous pourquoi vous voulez dire non, à quelle condition vous auriez pu dire oui. Vous vous sentirez d’autant plus légitime de dire non que vos raisons pour le faire seront claires à vos yeux.

Nina Godart