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Un tiers des CDD ne dure qu'une journée

Entre 2001 et 2017, la durée moyenne d'un CDD en France a été divisée par plus de deux, passant de 112 à 46 jours.

Entre 2001 et 2017, la durée moyenne d'un CDD en France a été divisée par plus de deux, passant de 112 à 46 jours. - Loïc Venance - AFP

En 25 ans, la part des recrutement en contrat courts a bondi. Désormais la plupart des embauches se font en CDD et ces contrats sont de plus en plus courts.

De plus en plus d'embauches concernent des contrats courts et ceux-ci sont de plus en plus courts, en particulier dans les secteurs médico-social, de la restauration ou de l'audiovisuel, constate une étude publiée jeudi par la Dares, le service statistiques du ministère du Travail.

Si la part des salariés travaillant en contrat à durée indéterminé (CDI) reste ultra-majoritaire -88% hors intérim contre 12% de contrat à durée déterminé (CDD)- la plupart des embauches se font désormais en CDD.

Les contrats signés sont de plus en plus courts

La Dares s'est penchée dans cette étude sur les embauches et les ruptures de contrat durant les 25 dernières années. Au cours de cette période, la part des embauches en CDD a progressé, passant de 76% en 1993 à 87% en 2017. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le taux d'entrée en CDD a été multiplié par plus de quatre depuis 1993.

Les contrats signés sont quant à eux de plus en plus courts. Ainsi en 2017, 40% des salariés en CDD ont un contrat de moins d'un mois et un tiers des CDD ne dure qu'une journée. Entre 2001 et 2017, la durée moyenne d'un CDD en France a été divisée par plus de deux, passant de 112 à 46 jours. Les contrats de moins d'un mois, qui représentaient 57% des CDD en 1998, en représentent 83% en 2017.

La Dares relève ainsi une "dualisation du marché du travail plus marquée entre les salariés en CDI et les autres multipliant les contrats courts".

"L'incertitude" et le "besoin de tester"

Parmi les raisons évoquées par les employeurs en 2016 pour l'utilisation des CDD figurent "l'incertitude vis-à-vis de l'environnement économique", mais aussi "le besoin de tester les compétences du salarié avant un recrutement plus durable".

"Ce sont souvent les mêmes personnes qui enchaînent ces contrats très courts", relève encore la Dares, avec un cumul de 3,5 contrats très courts (moins d'un mois) en moyenne par trimestre.

Certains secteurs sont très consommateurs de CDD: l'hébergement médicosocial, la santé, l'hôtellerie-restauration, l'audiovisuel et l'édition ou encore les services administratifs. La construction et l'industrie ont elles plus recours à l'intérim qu'aux CDD.

S'agissant des ruptures de contrat, aussi bien pour les CDD que les CDI, la Dares souligne que la mise en place de la rupture conventionnelle en 2008 a entraîné une "baisse tendancielle" des démissions -motif le plus fréquent de fin de contrat- et des licenciements économiques.

J.-C.C. avec AFP