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Travail le dimanche: les Galeries Lafayette visées par une enquête

Les Galeries Lafayette.

Les Galeries Lafayette. - Ludovic Marin - AFP

Un syndicat accuse la direction d'avoir embauché des intérimaires pour contourner les règles du travail dominical. Une enquête est ouverte.

Une enquête a été ouverte après la plainte d'un syndicat des Galeries Lafayette accusant la direction d'avoir embauché des intérimaires pour contourner les règles du travail le dimanche. Le SCID (Syndicat Commerce Indépendant Démocratique) reproche à l'entreprise d'employer chaque dimanche des intérimaires au magasin Haussmann à Paris, à la place de démonstrateurs (salariés des marques présentes sur les stands) non couverts par un accord d'entreprise permettant le travail dominical.

Une enquête, menée par la police judiciaire, a débuté en septembre sur des soupçons de "prêt illicite de main d'oeuvre et de marchandage", a indiqué à l'AFP une source judiciaire. Plusieurs actes d'enquête ont été depuis réalisés par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), dont une récente audition, selon cette source. Une représentante du SCID a été entendue vendredi, a-t-on appris auprès de celle-ci.

"Délit de marchandage" et "prêt de main d'oeuvre illégal"

Dans une communication interne, le syndicat dit avoir "alerté depuis des mois la direction des Galeries Lafayette sur l'emploi d'intérimaires sur les stands de marques qui ne disposeraient pas d'accord, procédé illégal qui s'apparente à du délit de marchandage et du prêt de main d'oeuvre illégal". Contactée par l'AFP, la direction des Galeries Lafayette n'a fait "aucun commentaire".

Une plainte a été déposée le 28 mars par le SCID, autrefois troisième syndicat à Haussmann, qui a été déchu de sa représentativité en 2016 par la justice. Selon David Pereira, un de ses représentants, les Galeries Lafayette "ont engagé entre 200 et 300 intérimaires" pour remplacer certains démonstrateurs le dimanche, car elle n'a "pas envie que les stands soient fermés". "Il y a des règles à respecter" et "on ira jusqu'au bout", malgré les "pressions et menaces" de la direction, a-t-il dit à l'AFP.

Le magasin Haussmann ouvre ses portes tous les dimanches depuis janvier en vertu d'un accord signé par la CFE-CGC et la CFTC. Le texte, contesté par FO, la CGT et le SCID, ne s'applique qu'aux salariés de l'enseigne et pas aux démonstrateurs qui représentent "80%" du personnel, selon le SCID. Le code du travail définit le marchandage "comme toute opération à but lucratif de fourniture de main-d'œuvre" qui peut avoir notamment pour effet "d'éluder l'application de dispositions légales ou de stipulations d'une convention ou d'un accord collectif de travail". La peine encourue pour marchandage simple est de deux ans de prison ainsi que 30.000 euros d'amende.

D. L. avec AFP