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Start-up Heroes, une websérie pour donner envie d’entreprendre

Dans le premier épisode de la websérie, Dark Vador cherche des financements pour construire l'Etoile noire 2.0

Dans le premier épisode de la websérie, Dark Vador cherche des financements pour construire l'Etoile noire 2.0 - Very Very Smart- Université Paris- Saclay

"Créer sa boîte n'est pas forcément la première idée qui vient à l'esprit des jeunes. Pour leur donner envie de franchir le pas, et dédramatiser la peur de l'échec, l'université de Paris-Saclay a confié aux créateurs des Kassos la production d'une websérie au ton décapant."

Une fois les études achevées, devenir salarié n'est pas la seule option. Les jeunes peuvent aussi se lancer dans l'entrepreneuriat. Mais ils ne sont pas assez nombreux à y penser, au goût de l'université de Paris-Saclay, qui a initié une campagne de communication pour leur donner l'envie de créer leur entreprise. Le format retenu: une websérie au ton décapant afin de faire mouche auprès du jeune public. C'est le studio de production Very Very Smart qui a remporté l'appel d'offres pour réaliser 9 épisodes de "Start-up Heroes", qui sont publiés chaque mercredi jusqu'à la fin du mois de juin sur la page Facebook et sur la chaîne YouTube.

La punchline: pas besoin d'être un héros pour entreprendre. "Le but est de décomplexer les jeunes vis-à-vis de la création d'entreprise en cassant les codes de la communication institutionnelle", explique David Alric, cofondateur du studio Very Very Smart, et à qui l'on doit la série des Kassos diffusée sur Canal+. Effectivement, le graphisme, les personnages, les dialogues sont bien loin de ce que l'on peut attendre de la part d'un pôle universitaire qui compte parmi ses membres des écoles prestigieuses comme Polytechnique, Centrale ou encore l'institut les Mines-Télécom.

Giclées de sang et propos anticonformistes

Chaque épisode a comme personnage central un héros tiré de l'univers du cinéma et des séries. Mais ce ne sont pas les plus altruistes ou ceux qui affichent les valeurs les plus positives qui ont été sélectionnés pour cette parodie, bien au contraire. Ainsi, on retrouve Dark Vador de Star Wars, Walter White de Breaking Bad, Cersei Lannister de Game of Thrones, ou encore Cruella des 101 dalmatiens. Chacun veut monter sa petite affaire (un food truck, une application de rencontres, un réseau social, une start-up spécialisée dans le DIY de vêtements) et se voit confronté à bien des écueils.

"Nous nous sommes immergés dans l'univers des start-up et nous avons repris leur langage. Les personnages parlent donc de levée de fonds, de crowdfunding, de béta-test, de rendement et d'objectif prévisionnel", énumère David Alric. Le tout parsemé de petites touches de cynisme, de quelques giclées de sang et de propos insolents qui donnent toute leur saveur à cette série d'animation.

Une seconde série prévue pour la fin de l'année

"L'université nous a laissé faire. Parfois, c'est nous qui nous sommes montrés plus frileux en coupant certaines scènes parce que l'on estimait qu'on allait trop loin. Alors que la direction de la communication de Paris Saclay n'avait pas du tout émis d'objections", relate le cofondateur de Very Very Smart. Le message est en tout cas très clair: "L'idée est de donner le goût du risque, de se dire que l'on peut ne pas réussir la première fois mais que cela n'empêchera pas de recommencer autre chose", insiste David Alric.

Les retours sont positifs, et le buzz marche. À tel point que les épisodes de "Start-up Heroes" enregistrent plus de vues que les Kassos à leurs débuts. Cette première série de 9 épisodes a nécessité un budget de 120.000 euros. Une deuxième série de 8 épisodes verra le jour à la fin de l'année.

Coralie Cathelinais