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Sapin: "le travail n'est pas le parent pauvre" de l'action du gouvernement

Michel Sapin veut se battre pour l'emploi

Michel Sapin veut se battre pour l'emploi - -

Le gouvernement veut se battre pour "la qualité de l'emploi", a déclaré ce mardi 26 novembre Michel Sapin. La Cour des comptes, dans un rapport, estime qu'il faut revoir le système d'indemnisation chômage pour les emplois précaires. Jeudi 28 novembre, les chiffres du chômage du mois d'octobre seront publiés.

Michel Sapin réaffirme son engagement. Le ministre du Travail a déclaré, ce mardi 26 novembre, que si l'emploi occupait naturellement "le devant de la scène" dans un contexte de chômage "oppressant", le gouvernement entendait aussi se battre pour la "qualité de l'emploi" et refuser une "stratégie des petits boulots".

"Vous le savez, la question de l'emploi, tant le chômage est oppressant, est évidemment sur le devant de la scène. Mais j'ai toujours considéré que cette bataille pour l'emploi ne devait pas se faire au détriment du travail, même si le risque existe", a-t-il déclaré à l'occasion du 40e anniversaire de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact).

"La bataille de l'emploi, ce n'est donc pas seulement une bataille quantitative, c'est aussi une bataille pour la qualité de l'emploi", a ajouté le ministre à deux jours de la publication des chiffres du chômage pour le mois d'octobre.

Le travail n'est pas "le parent pauvre" de l'action gouvernementale et la France "ne doit pas mettre en œuvre une stratégie des petits boulots", a-t-il poursuivi.

"La qualité (de l'emploi) dépend de la quantité"

Peu avant, au cours d'une table-ronde entre les partenaires sociaux consacrée à la qualité de vie au travail, les chefs de file de la CGT et de la CFDT avaient également insisté sur la question de la qualité de l'emploi.

"L'articulation entre la qualité de l'emploi et la qualité du travail est déterminante, parce que l'un ne va pas sans l'autre", avait ainsi relevé Laurent Berger pour la CFDT. "Quand les conditions d'emploi sont dégradées, les conditions d'exercice du travail sont dégradées également", avait-il souligné.

"La qualité (de l'emploi) dépend de la quantité", avait aussi relevé le chef de file de la CGT Thierry Lepaon. "On n'a pas un même rapport au travail avec un chômage à 3% qu'avec un chômage à 10%".

Revoir le système d'indemnisation

Par ailleurs, la Cour des comptes estime dans un rapport adressé ce mardi au gouvernement qu'il faut revoir le système d'indemnisation chômage pour les emplois précaires, car il favorise trop les intérimaires par rapport aux CDD et privilégie les intermittents du spectacle.

Dans ce "référé" rendu public à l'approche des négociations sur l'assurance chômage, la Cour note que l'indemnisation à l'issue des emplois précaires (CCD, intérim, intermittents) constitue une "composante importante du déficit de l'assurance chômage" (4,1 mds d'euros en 2013, selon l'Unédic).

La Cour l'impute notamment à l'augmentation de la part des emplois de courte durée sur le marché du travail.

Elle estime que le mode de calcul spécifique existant pour les intérimaires n'est "ni justifié, ni équitable au regard des règles appliquées aux CDD" qui relèvent du régime général, moins favorable.

Diane Lacaze & AFP