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Refus de 2000 emplois: les réelles intentions du maire de Chartres

Jean-Pierre Gorges, maire sans étiquette de Chartres et président de Chartres Métropole

Jean-Pierre Gorges, maire sans étiquette de Chartres et président de Chartres Métropole - Daniel Janin - AFP

Le maire a refusé l'implantation d'un entrepôt de logistique qui aurait créé 2000 emplois. Si dans un premier temps, il expliquait son choix par crainte de déséquilibrer "l'équilibre sociologique" de la ville, il emploie désormais des termes plus crus, comme la crainte de voir des populations étrangères s'implanter.

Dans la paisible ville de Chartres, les habitants se partagent en deux camps: ceux qui soutiennent la décision du maire d'avoir refusé l'implantation d'une plateforme logistique, et ceux qui ne comprennent pas que l'édile ait dit non aux 2000 emplois annoncés alors que le taux de chômage dépasse les 8%.

Jean-Pierre Gorges, maire sans étiquette de Chartres et président de Chartres Métropole, assume son choix. Mais si dans un premier temps, il l'avait justifié par la crainte qu'une "telle implantation serait préjudiciable à l’équilibre sociologique et démographique de l’agglomération. "Ou encore par la crainte de voir arriver 2000 emplois monotypés dont l'avenir n'est pas assuré, son discours prend des allures plus radicales.

"Une problématique de migrants"

Interrogé par un journaliste du Quotidien Jean-Pierre Gorges explique "être fier de ne pas avoir dénaturé la ville". "Le plus bel exemple, vous l'avez à côté, c'est Dreux. Philips s'est installé là. Vous avez un étranger qui s'installe là, qui fait venir des populations d'origine étrangère là pour pouvoir satisfaire quels besoins?", questionne le maire. Et de poursuivre "Qu'est-ce que cela apporte réellement à la cité si derrière cela crée des déséquilibres sociologiques?". Il précise un peu sa pensée sur ce "déséquilibre" en déclarant ensuite "En ce moment par exemple, on a une problématique de migrants. On mettrait des entreprises comme cela, on mettrait des migrants, qu'est-ce qu'on va créer ?". Malgré l'instance du journaliste de Quotidien, le maire n'a pas voulu revenir sur ces déclarations.

A la sortie du conseil municipal, David Lebon, conseiller municipal PS, a traduit en ces mots les intentions du maire :"Il fait croire aux gens qu'il va y avoir une invasion de pauvres dans Chartres. Il dit ça pour les petits vieux du centre-ville qui veulent une ville bien pépère, bien tranquille".

L'identité de la plateforme logistique, un grand acteur du web, n'est pas connue. Seule certitude : il ne s'agit pas d'Amazon. D'autres élus sont en tout cas intéressés par ces créations d'emplois. Le maire de Dreux avait par exemple posé sa candidature, mais l'entreprise n'avait pas donné suite. Deux villes en Ile-de-France seraient en lice.

C.C.