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Qui manifeste ce mercredi 9 mars, pourquoi et où?

L'Unef et l'Unl seront bien représentées ce mercredi comme ici lors de la réforme des retraites

L'Unef et l'Unl seront bien représentées ce mercredi comme ici lors de la réforme des retraites - Bertrand Guay - AFP

"Cette journée de mobilisation va être marquée par deux grandes manifestations d'ampleur avec, d'un côté, les rassemblements des lycéens et des étudiants, et de l'autre les débrayages des grévistes de la RATP et de la SNCF. État des lieux."

Ce mercredi 9 mars s'annonce comme une journée de forte mobilisation. Lycéens, étudiants et salariés manifestent contre le projet de loi de Myriam El Khomri, qui sera présenté en Conseil des ministres le 26 mars prochain. Une prolongation sur le terrain du mécontentement populaire jusqu'alors exprimé dans les médias et sur internet. La pétition déposée par la militante féministe Caroline Haas sur change.org a battu tous les records, avec plus de 1,2 millions de signatures.

Hasard du calendrier, les principaux syndicats de la RATP et de la SNCF ont, de leur côté, appelé à débrayer. Mais les motifs de leur mécontentement n'ont rien à voir puisqu'ils sont liés à des revendications internes. Le point.

> La mobilisation contre le projet de loi El Khomri

Qui manifeste?

La jeunesse sera-t-elle au rendez-vous que lui a donné le plus important syndicat étudiant, l'UNEF, épaulé par Solidaires Jeunes mais aussi par des organisations lycéennes, comme l'Union Nationale Lycéenne (UNL) et la Fidl? Les mouvements de jeunes des partis politiques (Jeunes écologistes, Jeunes socialistes, Mouvement des Jeunes Communistes…) sont également de la partie.

Aux jeunes, s'ajouteront les militants des sept organisations syndicales de salariés, dont FO et la CGT, qui s'opposent frontalement au projet du gouvernement. Les représentants de certaines entreprises et fédérations (CGT-Air France, CGT-Commerce, la fédération des services publics) ainsi que les syndicats d'enseignants (Snes-FSU) ont également appelé à manifester. Le front syndical reste toutefois fissuré puisque les syndicats réformistes (Unsa, CFDT, CFE-CGC, CFTC) n'ont pas voulu s'associer à cette manifestation.

Pourquoi?

Tous sont vent debout devant le projet de loi dont ils réclament le retrait pur et simple, contrairement aux syndicats réformistes cités plus haut qui souhaitent l'amender. Le mot "régression sociale" revient régulièrement dans les déclarations de ceux qui appellent à la mobilisation.

"Les principes qui fondent les garanties collectives sont remis en cause, les licenciements facilités et les indemnités prud’homales plafonnées. Ce projet de loi prévoit des procédures de décisions dans les entreprises et établissements qui placent les salarié-es sous la menace et le chantage à l’emploi", dénonce notamment l'Unef. L'UNL craint, elle, que ce projet de loi ne se traduise par "des semaines à rallonge, des licenciements facilités et une augmentation du temps de travail des apprentis".

Outre la manifestation en tant que telle, cette mobilisation servira de répétition générale et aura fonction de baromètre avant la grande grève du 31 mars prochain où la CFE-CGC envisage de les rejoindre. Jean-Claude Mailly, le numéro 1 de Force ouvrière, parle même d'un "apéro" avant "le plat de résistance".

Où et quand?

À Paris, deux principales manifestations sont programmées. La première à 12h30 au siège du Medef en direction du ministère du Travail, rue de Grenelle. La seconde à 14h00, place de la République. Lancé sur Facebook, ce rendez-vous est soutenu, en premier lieu, par les organisations de jeunes. Une centaine de rassemblements se tiendront par ailleurs en région, selon l'Unef qui indique également que des assemblées générales ont été programmées dans certaines universités.

> La RATP et la SNCF

Qui fait grève?

Les salariés de la RATP ont été appelés à débrayer par deux syndicats très puissants au sein de cette entreprise publique de transport: Sud-RATP et la CGT. Du côté de la SNCF, les quatre principaux syndicats (CGT, Unsa, Sud et CFDT) ont déposé un préavis commun.

Pourquoi?

Les syndicats de la RATP ont des revendications salariales, alors que les négociations annuelles obligatoires commenceront le 11 mars prochain. La CGT et Sud réclament une hausse du salaire de base (hors prime) après une année de gel en 2015 "malgré des résultats financiers records", plaident les deux organisations.

À la SNCF, cette mobilisation se veut avant tout "un avertissement" au gouvernement alors que se négocient les futures règles de travail (durée, repos, astreintes...) communes au secteur ferroviaire, public et privé. Outre le maintien d'un cadre social de "haut niveau", les organisations syndicales exigent des embauches en nombre suffisant, alors que des trains sont supprimés dans plusieurs régions faute de personnel. Elles réclament également une hausse des salaires. 

Où et quand?

À la SNCF, la grève commence ce mardi soir à 19h00 et s'achèvera jeudi à 8h00. Aucun rassemblement n'est prévu. Pour la RATP, le préavis débute ce mardi à 22h00. Les grévistes reprendront normalement leur travail jeudi matin. La CGT appelle à un "grand rassemblement" à 10h00 au siège de la régie, quai de la Rapée, dans le 12e arrondissement.

Quels impact sur le trafic?

À Paris, le métro ne sera pas vraiment affecté, et devrait rouler comme un jour normal de semaine. Le RER A connaîtra un trafic "quasi-normal". En revanche, 50% seulement des trains devraient circuler sur la portion sud du RER B gérée par la RATP. Du côté des trains, aucun service ne sera assuré sur le réseau Intercité de nuit durant la période du préavis. En revanche, 1 train sur 3 devrait circuler en Île-de-France, sur les lignes régionales et la plupart des TGV.

Julien Marion avec AFP