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Pris à partie, Macron répond aux salariés victimes du fiasco de la reprise de l'usine Whirlpool d'Amiens

Emmanuel Macron a assuré ce vendredi à Amiens avoir "dit la vérité à Whirlpool" en 2017 sur le site de l'ex-usine dont la reprise s'est avérée en fiasco. "L'État n'est pas un industriel" a souligné le chef de l'Etat qui se défend "d'avoir laissé tomber" les ex-salariés avec lesquels il a eu des échanges tendus.

La visite d'Emmanuel Macron à l'usine ex-Whirlpool d'Amiens a été l'objet d'échanges directs, parfois tendus, avec les salariés licenciés deux fois à la suite du fiasco de la reprise du site industriel. Le président de la République a dû se justifier pour le soutien qu'il avait apporté aux salariés et au repreneur en 2017.

"Au printemps 2017, je vous ai dit, l'ensemble des employés retrouvera des perspectives, on va se battre. J'ai aussi dit que cela fermerait. Je vous l'ai dit les yeux dans les yeux. J'aurais pu vous raconter des salades. Je ne l'ai pas fait. Le repreneur ce n'était pas un pote à moi, il était entrepreneur, tout avait été vérifié" s'est justifié Emmanuel Macron, défendant son engagement face à d'ex-salariés, ulcérés et l'accusant d'avoir été "berné" par le repreneur en liquidation.

162 des 282 ex-salariés de Whirpool avaient été repris

En mai 2018, l'industriel picard, Nicolas Decayeux, avait repris 162 des 282 ex-salariés du site Whirlpool, après la décision du fabricant américain de sèche-linge de délocaliser sa production à Lodz (Pologne). Mais son entreprise, WN, s'est retrouvée dans une impasse de trésorerie, faute de débouchés commerciaux concrets, malgré les aides apportées par l'État (2,5 millions d'euros versés pour 4 promis) et Whirlpool (7,4 millions d'euros).

Présent sur le site aux côtés du président et des salariés, le député LFI de la Somme, François Ruffin a contesté le suivi par les services de l'État du projet de reprise qui, selon lui, s'est très vite révélé sans avenir et dépourvu de perspectives économiques. "Je pense que s'il y avait eu un suivi la première année, le gouvernement aurait été alerté par certaines choses qui ont été signalées par les salariés" a soutenu l'élu.

"Avec une offre de reprise, il y a toujours une part de risque. On est face à un projet qui a échoué. Le gouvernement n'est pas un industriel. "C'est trop facile de tout mettre sur le dos de l'État" a complété Emmanuel Macron, rappelant que l'État avait lancé une procédure à l'encontre du repreneur: "le dossier est devant le juge" a-t-il ajouté.

Le chef de l'État a entamé dans la foulée une nouvelle visite du site désormais occupé par l'entreprise Ageco Agencement, spécialisée dans l'agencement pour la grande distribution et les collectivités, qui a embauché 44 anciens salariés de WN.

Frédéric Bergé