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Pôle emploi: 89 millions d'euros de fraude détectés en neuf mois

Le fait de ne pas déclarer ses employés constitue la fraude la plus fréquente auprès de Pôle emploi.

Le fait de ne pas déclarer ses employés constitue la fraude la plus fréquente auprès de Pôle emploi. - Philippe Huguen - AFP

Pôle emploi a identifié 7.472 affaires frauduleuses sur les trois premiers trimestres de l'année. 31 millions d’euros de préjudice ont pu être évité, la fraude ayant été repéré avant versement des indemnités.

En trois trimestres, Pôle emploi a déjà détecté un volume de fraude comparable à celui de l'ensemble de l'année dernière. L'organisme a ainsi recensé 89 millions de fraudes entre janvier et septembre, selon un bilan partiel transmis au Comité central d'entreprise (CCE) de l'opérateur, consulté vendredi par l'AFP.

Sur cette somme, 31 millions d'euros de préjudice ont pu être évités, Pôle emploi ayant repéré la fraude avant versement. Les 58 millions restants ont été versés indûment avant que la fraude ne soit détectée. "Pôle emploi s'emploie à les récupérer", indique l'organisme à l'AFP.

Selon le document, d'abord révélé par Le Monde, ces chiffres sont le résultat de 7.472 "affaires frauduleuses", qui concernent 9.118 demandeurs d'emplois et 259 entreprises. Pour comparaison, le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés par Pôle emploi s'élève à 2,7 millions.

Pas assez de contrôles auprès des employeurs

Depuis 2011, les sommes sont en hausse continue: 76 millions en 2012 et 62 millions en 2011. Mais à titre de comparaison, ces montants restent très faibles par rapport aux 30 milliards d'euros d'allocations chômage versées en 2013 par exemple.

"On ne parle que d'une part infinitésimale du montant total des allocations-chômage versées par Pôle emploi et qu'environ la moitié est récupérée par la suite", fait remarquer Jean-Charles Steyger, délégué syndical central FSU.

"Malheureusement, l'actualité se focalise plus sur le contrôle des chômeurs, beaucoup moins sur celui des employeurs, c'est un problème", estime pour sa part Pascal Mezan, représentant CFDT au CCE de Pôle emploi.

Le document détaille, par ailleurs, les fraudes constatées en 2013: les principaux mécanismes sont les emplois non déclarés (38 millions d'euros), les emplois fictifs (16 millions) et le fait de toucher des prestations tout en résidant à l'étranger (10 millions).

Le datamining pour mieux cibler les sources de fraudes

Dans la note, Pôle emploi énonce ses "orientations en matière de fraudes pour 2015". Le service public de l'emploi compte ainsi "privilégier" les affaires qui permettent "de détecter les montants subis, évités ou déjoués les plus élevés". Pour ce faire, "Pôle emploi travaille à la mise au point d'un modèle de 'datamining' appliqué aux fraudes", selon le document. Cela consiste à analyser le gros volume de données que l'opérateur compile sur chaque demandeur d'emploi, afin d'identifier les dossiers "les plus à risque". "Une analyse de la plus-value de ce dispositif sera effectuée début 2015", selon le document.

Une stratégie que déploie aussi Bercy afin de mieux repérer la fraude fiscale des particuliers comme des entreprises.

C.C. avec AFP