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Mory Ducros: les "2.210" salariés repris "exhortent" les syndicats à signer l'accord

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L'audience du tribunal de commerce de Pontoise doit reprendre demain, mardi 4 février. Ce lundi 3 février, le collectif des "2.210" salariés repris demande aux syndicats de signer l'accord.

Enième rebondissement dans le dossier Mory Ducros. Alors que vendredi 31 janvier, le tribunal de commerce de Pontoise devait rendre sa décision sur l'offre de reprise du groupe, il a décidé de suspendre l'audience, trouvant certains points de l'accord trop techniques. Ce lundi 3 février, un collectif des "2.210" salariés du transporteur, dont les emplois sont potentiellement préservés, a demandé dans un communiqué aux syndicats de l'entreprise de signer l'accord.

Dans un communiqué transmis à l'AFP par l'un de ses membres à Orléans, le collectif "des collaborateurs Mory Ducros qui potentiellement pourraient être sauvés (...) déplore les licenciements annoncés et la fermeture programmée de certaines agences, mais estime en conscience que la sauvegarde de 2.210 emplois et plusieurs milliers de sous-traitants ne peut pas être mise en péril".

Aussi, le collectif "exhorte les organisations syndicales à prendre en considération l'avis exprimé dans ce communiqué en signant l'ultime document permettant au Tribunal de statuer".

"Le tribunal a souhaité une suspension d'audience. Il n'a pas eu toutes les réponses à ses questions et il attend des compléments", a expliqué Philippe Blériot, l'administrateur judiciaire.

Le principal point d'achoppement porte sur la signature d'un accord majoritaire des syndicats, exigé comme clause suspensive à la reprise par Arcole, et que la CFDT, premier syndicat de l'entreprise, se refusait à signer vendredi.

"La CFDT assume sa non-signature", a déclaré Fabian Tosolini, responsable de la CFDT-Transports, qui estime que "la lettre d'intention" approuvée par quatre syndicats sur cinq (CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) jeudi à l'aube "suffit".

Audience le 4 février

L'offre prévoit de reprendre 2.210 salariés sur 5.000 que compte la société. En outre, Arcole a proposé de revoir à la hausse les indemnités supra-légales prévues pour les salariés qui vont perdre leur emploi. Celles-ci passent ainsi de 21 à 30 millions d'euros, soit environ 10.000 euros par salarié contre 7.000 initialement prévus. Ce dernier geste avait permis de mettre fin au conflit avec les salariés qui ont fait grève sur plusieurs site du groupe.

Outre Arcole, l'Etat a également décidé de prendre en main la situation. Le gouvernement s'est ainsi engagé à trouver 500 postes aux anciens salariés de Mory Ducros dans des entreprises publiques comme La Poste et la RATP.

L'audience au tribunal doit reprendre demain, mardi 4 février.

Diane Lacaze & AFP