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Michel Sapin: EADS a le "devoir" d'éviter tout licenciement

Michel Sapin surveille de près le dossier EADS

Michel Sapin surveille de près le dossier EADS - -

EADS a révélé, lundi 9 décembre, qu'il comptait supprimer 5.800 postes dont 1.700 en France. Le ministre du Travail a estimé, ce mardi 10 décembre, que l'avionneur devait éviter tout licenciement.

Michel Sapin ne compte pas laisser faire EADS. Le ministre du Travail vient d'annoncer, ce mardi 10 décembre, sur Europe 1 que l'avionneur européen a "le devoir" d'éviter tout licenciement.

"Son devoir est de mettre en place les dispositifs qui évitent tout licenciement et en France il ne sera pas accepté, car il ne sera pas acceptable, qu'une entreprise comme EADS supprime globalement des emplois".

Interrogé sur la perspective d'un plan social, évoqué notamment par des repsonsables du groupe, le ministre qui, la veille, promettait sur France 3 qu'"il n'y aurait pas de licenciement" a cette fois simplement déclaré ne pas vouloir "chipoter sur les mots".

"Qu'une grande entreprise ait besoin de se restructurer pour certains secteurs -on vend moins de matériel militaire, on vend plus de matériel civil, on vend moins de matériel de guerre, on vend plus d'Airbus. Cette entreprise elle gagne de l'argent. C'est une grande entreprise, elle a plusieurs secteurs. Elle veut se restructurer. Très bien. C'est son devoir pour s'adapter à la situation", a-t-il dit.

"Mais son devoir aussi, quand on a beaucoup d'emplois qui sont créés par ailleurs et qu'on a beaucoup d'argent, c'est de mettre en place des dispositifs qui évitent tout licenciement", a-t-il enchaîné.

EADS "a la capacité d'accueillir tous ceux qui pourraient perdre par ailleurs leur emploi" du fait de la restructuration, a insisté Michel Sapin.

Plan étalé sur trois ans

Dans un entretien au quotidien Libération le président exécutif d'EADS, Tom Enders, indiqué ne pas pouvoir "affirmer" qu'il n'y aurait pas de licenciement, ajoutant toutefois "nous ferons tout pour l'éviter".

Le groupe d'aéronautique et de défense a confirmé les informations déjà rapportées par les syndicats selon qui le groupe s'apprêtait à supprimer 5.800 postes dans ses activités spatiales et de défense dont 1.700 en France.

Sont concernées par ce plan de réorganisation étalé sur trois ans, Astrium, la filiale spécialisée dans les activités spatiales, Cassidian (défense) et Airbus Military, une branche d'Airbus qui produit notamment l'A400M.

Diane Lacaze & AFP