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Méthodes de recrutement: vers un retour à la normalité?

La situation sanitaire a favorisé la mise en place de nouveaux outils de recrutement, notamment à distance, dans les entreprises. Une tendance qui n'a pas vocation à se maintenir, selon une étude.

La crise du covid a rebattu les cartes de l'organisation du travail avec une remise en question claire et profonde des pratiques traditionnelles. Elle a également modifié la manière dont les entreprises recrutent leurs futurs salariés.

Avec les confinements, de nouvelles méthodes ont émergé comme les entretiens d'embauche à distance via des outils de conférence en ligne déjà assez répandus aux Etats-Unis par exemple.

De nouvelles méthodes qui ont clairement des avantages pour les RH: il permet à un employeur d’élargir son sourcing, au-delà de son bassin d’emploi local et offre un gain de temps et de productivité tout en réduisant son empreinte carbone.

Le 100% présentiel reste la préférence des entreprises

Mais alors que le retour au bureau s'organise, que les restrictions se lèvent, les ressources humaines vont-elles continuer à s'appuyer sur ces nouvelles pratiques?

Rien n'est moins sûr. Selon le dernier baromètre* Ifop-Cadremploi-Selescope sur les intentions et les méthodes de recrutement dans les PME et les ETI françaises, seulement 2% des dirigeants envisagent des recrutements exclusivement à distance.

Comme avec le télétravail intégral rejeté par la plupart des directions, c'est vers une approche hybride que se dirige doucement le recrutement. La mise en place d’un processus distanciel/présentiel serait privilégiée par 25% des entreprises au global ; une tendance qui monte même à 35% dans le secteur des services.

Reste que l'approche la plus traditionnelle, à savoir le 100% présentiel pour un recrutement reste souhaitée par 73% des dirigeants, avance le baromètre.

Contraintes

Il faut également dire que le recrutement virtuel impose de nouvelles contraintes, autant pour les RH que pour les candidats. Ces derniers doivent s'adapter et se préparer différemment (décor, technique...) ce qui n'est pas toujours le cas.

Virtuels ou présentiels, le volume de recrutements est en tout cas orienté à la hausse, toujours selon cette étude. 35% des entreprises souhaitent en effet recruter de nouveaux talents tandis que 64% déclarent vouloir maintenir leurs effectifs (seulement 1% du panel envisage de se séparer de certains de ses collaborateurs).

*: enquête menée du 20 mai au 9 juillet par l’Ifop auprès d’un échantillon de 400 dirigeants d’entreprises employant plus de 5 salariés, dont 250 au sein d’entreprises de 6 à 19 salariés, 100 au sein d’entreprises de 20 à 249 salariés et 50 au sein d’entreprises de plus de 250 salariés.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business