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Loi Travail: Valls défend une "réforme indispensable"

Manuel Valls a déploré lundi à Mulhouse les "bêtises écrites ici ou là" sur le projet de loi sur le travail, "une réforme indispensable" selon lui.

Manuel Valls a déploré lundi à Mulhouse les "bêtises écrites ici ou là" sur le projet de loi sur le travail, "une réforme indispensable" selon lui. - Sébastien Bozon - AFP

Manuel Valls, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri se sont livrés à un délicat exercice de pédagogie lundi pour défendre le projet de loi sur le Travail, âprement critiqué à gauche et par les syndicats, assurant notamment ne pas vouloir recourir au 49.3

La gauche est déboussolée, une pétition fait le plein de signatures et même au sein du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, Marisol Touraine et Ségolène Royal ont émis des réserves; Alain Juppé y voit un "texte mal préparé" et Florian Philippot crie "au choc de précarisation". Mais Manuel Valls est déterminé.

Accompagné d'Emmanuel Macron et de Myriam El Khomri, le Premier ministre était sur la défensive lundi lors d'une visite en Alsace pour faire comprendre le projet qui prévoit notamment une révision des procédures de licenciement économique et un assouplissement des 35 heures.

"Il y a beaucoup d'expressions aujourd'hui de la part de ceux qui ne l'ont pas lue. Il y a beaucoup de bêtises qui sont écrites ici ou là", a mis en garde Manuel Valls lors d'un discours sur le site de l'usine Solvay, où il a rencontré des salariés et des apprentis. "Non, nous ne remettons pas en cause la durée légale du travail. Non, le CDI n'est pas mis en cause. On continuera bien sûr à majorer les heures supplémentaires, a-t-il martelé, défendant "une réforme indispensable". 

Le gouvernement a d'ailleurs mis en ligne un contre-argumentaire ce week-end pour répondre aux critiques et "bêtises". 

Interpellé par un syndicaliste

"Il faut bouger. Il y en a qui sont encore au XIXème siècle. Moi et les membres du gouvernement ici présents, nous sommes résolument dans le XXIème siècle et savons que économie et progrès social vont de pair: et nous nous sommes inspirés de ce qui marche dans d'autres pays", a déclaré le chef du gouvernement, dans une allusion certainement au leader de la CGT.

Philippe Martinez dénonçait, lui, ce weekend "un retour en arrière comme on n'en a jamais vu. Je dirais même un retour au XIXe siècle".

Interpellé par un syndicaliste de la CGT Solvay, lui présentant la pétition contre le projet de loi Travail, Manuel Valls a lancé: "Lisez-bien le texte et vous verrez que beaucoup de choses qu'il y a - y compris dans la pétition - sont fausses", sans préciser lesquelles. "Aucun droit n'est remis en cause", a-t-il insisté. 

Manuel Valls a rappelé que le texte serait présenté le 9 mars prochain en Conseil des ministres et a assuré que le débat aurait lieu avec les partenaires sociaux et l'Assemblée nationale. Et de conclure: "Prenez en compte la nécessité de réformer le pays".

Pas de recours au 49-3

Après avoir laissé planer la menace de faire passer la loi dans vote à l'Assemblée comme pour la loi Macron en 2015, Myriam El Khomri a déclaré lundi qu'un recours au 49.3 n'était "ni souhaitable, ni nécessaire".

"Les Français savent bien que le statut quo, l'immobilisme nous condamnerait", a assuré Manuel Valls. "Le sens de cette loi, c'est de donner plus de libertés aux entreprises", a expliqué le Premier ministre. Et d'ajouter dans complexe: "c'est un beau mot la liberté qu'il faut assumer!".

"Enlever des irritants"

Sur BFMTV, François Rebsamen a pointé une "erreur de communication". "On ne peut pas laisser ainsi la nouvelle définition du licenciement économique", selon le prédécesseur de Myriam El Khomri qui souhaite également une meilleure rémunération des heures supplémentaires que celle prévue dans le texte.

"Je suis sûr que ce texte peut être adopté par la gauche", a-t-il-déclaré, mais "il faut pour cela "enlever des irritants qui n'ont pas lieu d'être dedans".
K. L.