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Loi Travail: le Medef pousse les sociétés touchées par les blocages à porter plainte

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- - AFP- Eliott Verdier

"L'organisation patronale estime qu'il y a "délit d'entrave à la liberté du travail". Cet appel à protester en justice est une réponse à la décision de la CGT de porter plainte contre Pierre Gattaz pour ses propos tenus dans Le Monde."

Le Medef a fait savoir mardi après-midi qu'il encourage les entreprises touchées par les blocages, menés dans le cadre de la contestation de la réforme du Code du Travail, à porter plainte pour "délit d'entrave à la liberté du travail".

"Face à la persistance d'une démarche assumée et revendiquée de blocage de l'économie française, le Medef incite toutes les entreprises de France dont le fonctionnement est perturbé voire paralysé par ces blocages, à déposer plainte au titre de l'article 431.1 du Code pénal qui prévoit le délit d'entrave à la liberté du travail", indique l'organisation patronale dans un communiqué. Le Medef précise avoir mis en place "une cellule de crise (...) prête à accompagner les entreprises souhaitant s'engager dans cette démarche".

Plainte de la CGT contre le Medef

Elle fait cette déclaration, quelques heures après que la CGT ait décidé de porter plainte pour "diffamation" contre son président, Pierre Gattaz, suite à ses propos parus lundi dans les colonnes du Monde. Or, la CGT est l'un des syndicats encourageant le plus aux blocages.

"Faire respecter l’État de droit, c’est faire en sorte que les minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes, ne bloquent pas tout le pays. (…) Quand le syndicat du livre-CGT empêche la parution de quotidiens au motif que ceux-ci ont refusé de publier le tract de monsieur Martinez, il me semble que l’on est dans une dictature stalinienne", avait- déclaré Pierre Gattaz au quotidien du soir.

Des "méthodes de voyous"

Dans le communiqué diffusé ce mardi après-midi, il réitère ses propos: "On ne peut plus accepter les actions qui conduisent à bloquer l'économie, à empêcher nos salariés de se déplacer, à rajouter de la difficulté à la difficulté (...) Ces méthodes de voyous ne sont plus acceptables", s'insurge-t-il.

De son côté, le gouvernement condamne les propos de Pierre Gattaz. Le Premier ministre Manuel Valls a jugé que ces propos n'étaient "pas acceptables". La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a dénoncé de son côté l'"outrance" des propos du président du Medef, les jugeant "choquants, bien évidemment", tout en soulignant qu'il y avait "eu aussi parfois de Philippe Martinez des mots qui ont été durs de la même manière".

A.R. avec AFP