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Loi Travail: forte mobilisation et violents affrontements à Paris

De violents affrontements ont éclaté entre des casseurs et des forces de l'ordre.

De violents affrontements ont éclaté entre des casseurs et des forces de l'ordre. - Dominique Faget - AFP

"La contestation contre le projet de loi El Khomri a été éclipsée par de nombreuses violences en marge du cortège parisien, mardi 14 juin. Celui-ci avait pourtant rassemblé des dizaines de milliers de manifestants."

Que retenir de cette nouvelle journée de contestation contre le projet de loi Travail? D’un côté, l’ampleur de la mobilisation: entre 75.000 à 80.000 manifestants ont défilé à Paris selon la police. Jusqu'ici la plus importante manifestation, le 31 mars, avait rassemblé entre 26.000 et 28.000 personnes. Les syndicats, eux, ont dénombré un million de personnes au sein du cortège parisien.

De l’autre, les nouvelles violences intervenues en marge du défilé, ayant conduit à une soixantaine d’interpellations. 29 membres des forces de l’ordre et 11 manifestants ont par ailleurs été blessés lors d’affrontements.

Fait rare, la police a parfois du faire usage d’un canon à eau pour disperser la foule. Vitrines cassées, dégradations en tous genres, les dégâts sont considérables dans les rues de la capitale. De quoi éclipser les revendications des manifestants, qui réclament toujours le retrait du projet de loi El Khomri.

>> Revivez minute par minute cette journée de contestation.

19h15 - Au moins 125.000 manifestants en France, selon la police

Les autorités ont dénombré au moins 125.000 manifestants dans toute la France, et procédé à 73 interpellations. La CGT, elle, évoque le chiffre de 1,3 million de personnes ayant défilé dans le pays.

18h40 - Le bilan monte à 58 interpellations

58 interpellations ont eu lieu ce mardi à Paris, selon les chiffres de la préfecture de police, tandis que le bilan des blessés s'établit désormais à 40: 11 manifestants et 29 membres des forces de l'ordre. Les autorités ont également appelé sur Twitter les manifestants à se "désolidariser des casseurs pour faciliter l'intervention des forces de l'ordre".

18h35 - En images: des casseurs repoussés par des canons à eau

18h05 - Entre 75.000 et 80.000 manifestants selon la police

La préfecture de police a livré ses estimations concernant le nombre de manifestants - sensiblement différents des chiffres des syndicats. Selon les pouvoirs publics, entre 75.000 et 80.000 personnes ont défilé à Paris.

17h30 - De nombreux dégâts à Paris

16h50 - Un million de manifestants à Paris, selon les syndicats

Un million de personnes ont défilé mardi à Paris contre la loi Travail, ont indiqué trois syndicats organisateurs (CGT, FO, Solidaires) à l'AFP.

16h05 - 15 interpellations et de nombreux blessés à Paris

La préfecture de police indique que les autorités ont procédé à 15 interpellations en marge du cortège parisien. De nombreux blessés sont à déplorer: 6 manifestants et 20 membres des forces de l'ordre. "Le canon à eau a été utilisé" sur la place Léon-Paul Fargue près de la station de métro Duroc afin de "permettre aux forces de l'ordre qui étaient prises à partie depuis plusieurs minutes de se dégager", ont ajouté les autorités.

15h45 - Le bilan monte à 14 interpellations

Selon nos informations, les autorités ont désormais procédé à 14 interpellations en marge de la manifestation parisienne contre la loi Travail.

15h30 - En images, les premiers heurts en marge du cortège parisien

14h15 - Premiers incidents en marge de la manifestation

Des affrontements ont lieu en ce moment entre les forces de l'ordre et une centaine de personnes, pour la plupart cagoulées, en marge du défilé parisien. Des jets de projectiles sont notamment à déplorer au niveau de Port Royal. interpellations ont déjà été signalées.

13h26 - Le cortège parisien se met en route

À Paris, la manifestation contre la loi Travail s'est mise en marche. Dans une ambiance de pétards, fumigènes et klaxons, une foule très nombreuse a pris le départ de la place d'Italie (XIIIe arrondissement) pour rejoindre les Invalides (VIIe), derrière une pancarte de tête proclamant "Pour le retrait. Pour de nouveaux droits".

12h17 - La CGPME demande à la CGT d'indemniser les PME victimes des blocages

Le président de la CGPME, François Asselin, a envoyé mardi un courrier au secrétaire général de la CGT Philippe Martinez pour lui demander de verser "une compensation financière" aux petites entreprises victimes des blocages organisés par le syndicat pour protester contre la loi Travail. "Depuis maintenant plusieurs semaines la CGT organise manifestations et mouvements de blocage portant ainsi un préjudice grave à l'économie française", écrit le numéro un de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises dans cette lettre que l'AFP a pu consulter.

"Les principales victimes de cette situation sont les TPE/PME et leurs salariés, dans l'incapacité économique de supporter une baisse durable de leur activité et dont beaucoup sont aujourd'hui en grande souffrance", ajoute François Asselin. "Dès lors, il me paraîtrait légitime que ces entreprises puissent bénéficier d'une compensation financière de votre part et ce, en particulier au regard de l'importance des sommes collectées récemment par la CGT pour venir en aide aux grévistes dont la plupart n'auront nul besoin étant donné qu'ils appartiennent à des entreprises publiques ou parapubliques qui omettront de déduire des salaires les jours de grève", poursuit-il, demandant à Philippe Martinez de lui indiquer "les modalités permettant de bénéficier de ces fonds".

12h06 - Une manifestation sous haute sécurité

Le préfet de police, Michel Cadot, a prévu une vingtaine d'unités de CRS et de gendarmes mobiles sur le parcours parisien. Par ailleurs, les voitures stationnées sont enlevées, et des contrôles et des fouilles sont effectués. Un dispositif plus important que lors des autres manifestations face au risque d'attentats et dans le contexte de l'Euro. Un périmètre d'isolement sera installé autour de la fan zone du champs de Mars.

Sur RMC, Philippe Martinez a précisé que côté CGT, 500 militants sont mobilisés pour encadrer le cortège.

Des témoins ont constatés que les banques sur le parcours se sont protégées en installant des panneaux de bois.

12h02 - 7,3% de grévistes à la SNCF

11h45 - Les opposants arrivent place d'Italie

11h36 - Les manifestations débutent en province

Si la manifestation débute à 13h à Paris, dans d'autres villes, les rassemblements ont d'ores et déjà commencé. C'est le cas à Marseille, ainsi qu'à Toulouse où le cortège s'est élancé depuis le quartier de Saint-Cyprien. 

À Bayonne comme à Rennes, les opposants marchent sous la pluie et à Avignon sous le soleil. 

Des barrages filtrants ont été mis en place à Nantes. 

11h12 - Des monuments fermés

La direction de la Tour Eiffel vient d'annoncer la fermeture du monument ce mardi 14 juin. Une partie du personnel "a fait savoir qu'elle prendrait part à cette journée d'action interprofessionnelle. Les effectifs sur place n'étant pas suffisamment nombreux pour ouvrir le monument dans des conditions d'accueil et de sécurité suffisants pour le public, la Tour sera donc fermée", a expliqué la SETE.

Idem pour le Château de Versailles.

10h13 - Trajet de la manifestation à Paris

Une manifestation de grande ampleur est prévue à partir de 13h dans la capitale. Voici son trajet : 

9h44 - Manifestation des taxis sur le périphérique devant les locaux de BFMTV - BFM Business - RMC

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9h40 - Gattaz dénonce un climat "nauséabond"

Pierre Gattaz dénonce un climat "nauséabond" et un "sentiment d'impunité". "Je pense qu'il faut que le gouvernement reprenne la main et surtout fasse respecter l'état de droit de manière urgente pour corriger toutes ces dérives", a déclaré le président du Medef lors de sa conférence de presse mensuelle au siège de l'organisation patronale, cible notamment dans la nuit de lundi à mardi de jets de peinture, et qui avait été occupé il y a une semaine par une centaine d'intermittents.

Pierre Gattaz a également annoncé que le Medef "fera tout pour trouver une solution" d'ici à jeudi soir concernant l'assurance chômage. Tout en laissant une porte de secours: "Après, si nous n'arrivons pas à régler le problème de façon pragmatique et intelligente, on constatera l'échec".

9h23 - Martinez: "Qu'est-ce qu'il faut faire de plus pour que le gouvernement écoute?"

Philippe Martinez prévient: "Cette manifestation sera plus importante que les autres". Sur RMC, le secrétaire général de la CGT, estime que les manifestants seront plus nombreux que lors du grand rassemblement du 31 mars où ils étaient "un peu plus d'un million". Et face à cette importante mobilisation, il s'interroge: "Qu'est-ce qu'il faut faire de plus pour que le gouvernement écoute?"

> Retrouvez l'article ici 

9h07 - 700 cars affrétés par FO et la CGT vers Paris

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce matin. Il a prévenu que des centaines de cars convergaient vers la capitale pour acheminer les manifestants. Et il réfléchit à la suite à donner au mouvement.

9h03 - FO se moque de la Préfecture de police

9h - Manifestations au programme en régions

En parallèle de la grande manifestation de Paris, la mobilisation régionale contre la réforme du code du Travail se poursuit dans plusieurs villes françaises. Des défilés et ressemblements sont prévus à Toulouse, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes, Caen...

8h45 - Début de la manifestation à Saint-Denis (La Réunion)

Un cortège de manifestants a commencé à défiler dans les rues de Saint-Denis sur l'île de la Réunion vers 10h30 heure locale (8h30 heure de Paris), rapporte un journaliste de la presse locale.

8h39 - Berger: "Notre pays préfère se foutre sur la gueule plutôt que de discuter"

Le secrétaire général de la CFDT a voulu calmer le jeu sur Europe 1. Laurent Berger estime qu'il "faut que ce soit les salariés qui sortent vainqueurs". Il déplore l'image donnée après ce mois de grève: "Le syndicalisme ne se résume pas à l’image qui est renvoyée aujourd’hui".

8h19 - La carte de la circulation dans Paris

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8h06 - Le Foll appelle à poursuivre le dialogue

Sur RTL, le porte-parole du gouvernement demande à poursuivre le dialogue. "Je souhaite que chacun puisse s'écouter". Par ailleurs, Stéphane Le Foll a farouchement défendu l'article 2: "Je pense qu'il s'agit d'un article essentiel pour que les salariés se syndicalisent". 

7h44 - Opération escargot pour les taxis

Une opération escargot serait prévue par les taxis actuellement regroupés Porte Maillot. Elle devrait avoir lieu sur le périphérique extérieur, de Porte Maillot vers Place d'Italie et pourrait démarrer avant 8h. 

6h23 - Retrouvez la carte de circulation de la Préfecture de police

6h12 - Un cortège géant prévu dans la capitale

Après huit journées de manifestations non consécutives à travers la France, les opposants à la loi Travail n'entendent pas rendre les armes, ni changer leur mot d'ordre: le retrait d'un texte jugé trop favorable aux entreprises et facteur de "régression sociale" pour les salariés.

La CGT a recensé plus de 600 cars affrétés dans toute la France pour que les contestataires puissent rejoindre le cortège dans la capitale, où aucun match de l'Euro n'est programmé. Il partira vers 13h15 de la place d'Italie pour rejoindre les Invalides, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FSU, FO, Solidaires, Unef, UNL, Fidl). D'autres manifestations sont prévues en régions, une cinquantaine selon la CGT. "On a eu du mal à trouver des bus pour Paris dans certains départements", affirme Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, déplorant "un certain blocage" de la part des compagnies privées de bus.

Le préfet de police Michel Cadot dit attendre "peut-être au-delà de 50.000" manifestants à Paris. Quelque 130 personnes sont par ailleurs interdites de manifestation, car "il n'est pas exclu qu'il y ait des casseurs qui commettent des exactions", a-t-il ajouté. Les syndicats espèrent une participation plus importante que le 31 mars, pic de la contestation avec 390.000 manifestants dans 250 villes, selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs.

6h05 - Les taxis se rassemblent porte Maillot à Paris

La Fédération des taxis indépendants d'Île-de-France (FTI) et le Syndicat de défense des chauffeurs de taxis parisiens (SDCTP) ont décidé de réagir en appelant leurs adhérents à un mouvement de blocage à compter de ce mardi 14 juin.

6h01 - Ce qui vous attend ce mardi

Blocage des taxis, grève des pilotes d'Air France, ou perturbations à la SNCF, retrouvez ici le programme de ce mardi 14 juin.

Par ailleurs, le secteur de l'énergie devrait être à nouveau touché. Du côté des déchets, le blocage de l'usine d'incinération d'Ivry-sur-Seine/Paris 13 depuis deux semaines doit se poursuivre.

Et après?

Même si Myriam El Khomri et Philippe Martinez ont prévu de se rencontrer le 17 juin, l'intersyndicale a déjà organisé deux autres jours de grèves et manifestations en France: les 23 et 28 juin.

Ce que contient le très contesté article 2

La mesure :

L'article, long de 45 pages, réécrit totalement la partie du code du Travail relative à l'aménagement du temps de travail. Cette réécriture consacre, dans la plupart des cas, la primauté de l'accord d'entreprise sur la convention de branche. L'évolution la plus emblématique concerne les heures supplémentaires. Actuellement, les branches professionnelles peuvent empêcher les entreprises de leur secteur de déroger aux 25% de majoration fixés par la loi. Le projet de loi permettra aux entreprises, par accord majoritaire avec les organisations syndicales, d'abaisser ce taux jusqu'à 10%.

Autres assouplissements: la possibilité, en cas d'accord, de moduler le temps de travail sur trois ans, au lieu d'un, et la possibilité, dans les entreprises de moins de 50 salariés, de moduler unilatéralement le temps de travail sur neuf semaines, au lieu de quatre. L'article accorde néanmoins un droit de regard aux branches, qui devront dresser un bilan annuel des accords d'entreprises, évaluant leur impact sur les conditions de travail et sur la concurrence entre les entreprises. Elles pourront y formuler des recommandations.

Les critiques syndicales :

Pour les opposants à la réforme, l'article 2 porte atteinte à la "hiérarchie des normes", selon laquelle l'accord d'entreprise ne peut pas être moins favorable que la convention de branche, qui elle-même ne peut aller moins favorable que la loi. La CGT et Force ouvrière, notamment, craignent que cette réforme aboutisse à instaurer "un code du travail par entreprise", dans une course au moins-disant social pour les salariés. La CFDT, favorable au projet, leur oppose que des syndicats majoritaires n'approuveront pas un accord défavorable aux salariés.

Mais selon les centrales contestataires, c'est dans les entreprises, surtout les petites, que les syndicats sont les plus faibles et, donc, que la négociation est la plus déséquilibrée. Ils craignent que les employeurs puissent exercer un "chantage à l'emploi" pour obliger les représentants du personnel à signer. Enfin, Force ouvrière alerte contre le risque d'une baisse drastique du nombre d'accords. La centrale cite une étude de la Confédération européenne des syndicats (CES) sur l'Espagne, qui a aussi décentralisé le dialogue social: entre 2008 et 2013, le nombre d'accords de branches est passé de 1.448 à 706 et le nombre d'accords d'entreprises de 4.539 à 1.702.

Où en est la loi Travail? 

Le Sénat, à majorité de droite, a entamé lundi après-midi l'examen du projet de loi Travail auquel il entend donner un coup de barre libéral. Les sénateurs examineront jusqu'au 24 juin le projet de loi que le gouvernement avait fait adopter à l'Assemblée nationale via l'article 49.3. Au Sénat, où cette arme constitutionnelle ne peut pas être utilisée, un vote solennel est programmé le 28 juin. Le texte fera ensuite l'objet d'une commission mixte paritaire Assemblée/Sénat chargée de trouver un accord. En cas d'échec, attendu, c'est l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Manuel Valls y utilisera très probablement à nouveau le 49.3.

Le Sénat va maintenir le principe contesté d'inversion de la hiérarchie des normes, avec primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche (article 2). Cette disposition, qui divise tant la gauche, a provoqué la colère de la CGT et est devenue le catalyseur des grèves et manifestations qui secouent la France depuis plus de trois mois.