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Les jeunes assurent que le salaire n'est plus le critère numéro un pour rejoindre une entreprise

Les jeunes ont des attentes différentes de leurs aînés dans le monde du travail

Les jeunes ont des attentes différentes de leurs aînés dans le monde du travail - Pixabay / nattanan23

Selon une étude Jam Trends, 92% des 15-25 ans souhaitent travailler pour une entreprise en accord avec leurs valeurs et qui agit, notamment au niveau social et environnemental.

Les attentes en matière de travail de la génération Z, les actuels 15-25 ans, rebattent les cartes du recrutement. Face à leurs aînés, leurs priorités ont bien changé. C'est ce qui ressort de la dernière étude Jam Trends* publiée en février.

Ces évolutions sont très marquées. Ainsi, 62% d'entre eux ne se voient pas travailler pour un grand groupe mais surtout, 92% veulent travailler pour une entreprise en accord avec leurs valeurs.

Conséquence, le salaire n'est plus le critère numéro un lorsqu'un jeune candidate dans une entreprise. A 42%, ils réclament "une mission passionnante" devant le salaire pour 40%. La synergie dans les valeurs vient ensuite à 21% puis l'équilibre vie pro/vie perso à 19%. S'ils ont à choisir, ils sont 80% à opter pour "un job passionnant" plutôt qu'un "max d'argent".

A l'inverse, ils ne sont que 8% à mettre en avant les avantages de l'entreprise ou son prestige.

Revenir à l'humain

Cela a bien évidemment des conséquences dans les processus de recrutements notamment dans les secteurs tendus (développeurs, réseaux informatiques...) où le rapport de force entre le candidat et l'entreprise s'est inversé. "Les entreprises se retrouvent face à des enjeux majeurs en termes de recrutement, intégration, formation et RSE (responsabilité sociale et environnementale) pour séduire les jeunes talents", résume l'étude.

D'autant plus que 56% des personnes interrogées ont un jugement négatif de leur dernière expérience de recrutement. Aux entreprises "de revenir à l'humain", plaident les auteurs et de s'appuyer sur ces nouvelles attentes. Reste que la méfiance est grande: 75% des étudiants considèrent qu’aujourd’hui les grandes entreprises ne sont pas assez engagées en termes de responsabilité sociale et environnementale. Et ils rejettent en bloc les entreprises qui assurent s'intéresser à ces enjeux mais ne font rien.

La politique RSE des entreprises observée de près

Mais cela ne s'arrête pas là. La génération Z a besoin d'être rassurée. "Stress, angoisse et mal-être au travail sont les principaux freins à la bonne intégration et l’épanouissement des jeunes dans leur entreprise. Près de la moitié des jeunes ayant déjà travaillé se sont déjà sentis proches de faire un burn out (selon leur propre conception du terme) et 63% ont déjà rêvé de tout plaquer pour faire totalement autre chose", peut-on lire. 

Pour se sentir pleinement intégrés, ils appellent à la "bienveillance": 1 jeune sur 3 choisit ce terme pour décrire son cadre de travail idéal et 72% aimeraient un environnement plus humain.

Ils aspirent également à être formés tout au long de leur présence dans l'entreprise. 72% des jeunes estiment en effet compliquée la transition entre école et entreprise et 85% ont déjà ressenti qu’il leur manquait des compétences pour progresser dans leur carrière. Et ils sont 75% à penser que c’est à leur employeur de leur apporter cette formation.

*L’étude a été menée entre octobre et décembre 2019, auprès d’un échantillon de 3.000 jeunes français, représentatif de la population de 15-25 en France selon les quotas de l’Insee 2019 sur les critères de l’âge. 6 vagues de sondage ont été réalisées (recrutement, formation, RSE, vie au bureau, évolution du travail, travail en freelance).

Olivier Chicheportiche