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Les hausses de salaire ne sont "pas l'ennemi de l'emploi", défend Yves Veyrier (FO)

Invité sur BFM Business, le secrétaire général de Force Ouvrière a tenu à rappeler que si le taux de chômage diminue en France, les problèmes qui entourent le marché du travail ne sont pas réglés pour autant.

Sur le papier, les chiffres de l'emploi en France sont bons. Sur un an, 273.000 emplois nets ont été créés dans le secteur privé selon l'Insee. Et le taux de chômage a, une fois de plus, diminué au deuxième trimestre 2019 pour se fixer à 8,5% (soit 0,6 point de moins qu'au deuxième trimestre 2018). Un niveau qui n'avait plus été constaté depuis 2009, souligne là aussi l'Insee. Des données qui seraient à relativiser, selon le secrétaire général de Force Ouvrière Yves Veyrier. 

Invité sur BFM Business ce mardi dans l'émission "12H, L'heure H", le secrétaire général de FO estime que cette conjoncture heureuse est notamment liée au fait que "la France a été un peu plus épargnée que les autres par la récession mondiale sur le plan économique. Et ça, c'est aussi lié au fait que l'économie en France est plutôt tirée – plus que d'autres – par la demande intérieure et moins par l'export", assure-t-il.

Aussi, la véritable question, selon Yves Veyrier, ce n'est pas tant celle du nombre de créations d'emplois en France. Non. Le véritable enjeu porte sur l'évolution du salaire qui "n'est pas l'ennemi de l'emploi", souligne-t-il. "Augmenter les salaires, redonner du pouvoir d'achat d'une manière générale (…), ça créé de l'emploi. (…) C'est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant la question c'est celle de la nature et de la qualité des emplois. Il y a trop d'emplois créés à durée déterminée et à durée déterminée très courte", estime le patron de FO.

Des créations d'emplois liées à l'activité selon FO

Par ailleurs, Yves Veyrier estime que les réformes successives, souvent décriées par les syndicats, du marché du travail et de l'assurance chômage ne sont pas à l'origine de cette embellie. "Evidemment cela ne vient pas de là", rétorque-t-il. "Encore une fois, je pense que les entreprises créent de l'emploi quand il y a de l'activité".

Il y a cinq ans, le Medef lançait une vaste campagne visant à créer 1 millions d'emplois en France en contrepartie d'une baisse significative de charges. Aujourd'hui, les objectifs semblent presque atteints, avec près de 911.000 emplois salariés supplémentaires dans le secteur privé entre le premier trimestre 2014 et le deuxième trimestre 2019. Le nombre total d'emplois dans le privé est ainsi passé de 18,68 à 19,59 millions d'emplois sur la période, selon les dernières données de l'Insee.

Sauf que pour le secrétaire général de Force Ouvrière, là encore il conviendrait d'observer ce chiffre avec la plus grande précaution. "C'est facile de prendre un chiffre", martèle-t-il. "On a un pays qui a une croissance économique qui, même si elle est faible, est quand même positive. Donc s'il y a croissance économique, il y a croissance d'activité, il y a croissance de l'emploi. Les difficultés que nous rencontrons c'est que l'on a une démographie qui est assez favorable qui fait que l'on créé de l'emploi, mais pas suffisamment pour combler au même niveau le taux de chômage". 

JCH