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Le salaire des grands patrons, sujet sensible des AG

Le PDG de France Télécom-Orange, Stéphane Richard, a accepté de baisser sa rémunération pour ne pas faire payer à l'entreprise la taxe à 75%.

Le PDG de France Télécom-Orange, Stéphane Richard, a accepté de baisser sa rémunération pour ne pas faire payer à l'entreprise la taxe à 75%. - -

C'est Vinci qui ouvre, ce mardi, la saison des assemblées générales. "Printemps des actionnaires", taxe à 75%: le thème de la rémunération des dirigeants devrait être au cœur des échanges.

La saison des assemblées générales commence, ce mardi 16 avril, par celle de Vinci. Parmi les problématiques qui devraient y être abordées, la taxe à 75% et le projet de faire supporter par les entreprises, donc par les actionnaires, cette sur-taxation au-dessus de 1 million d'euros de salaire annuel du dirigeant. Pratiquement, toutes les grandes entreprises sont concernées.

En tenant compte du fixe et du variable, tous les patrons du CAC 40 émargent au-dessus du million d'euros. C'est le cas également d'une grande partie des dirigeants du SBF 120, comme Denis Kessler, le PDG du réassureur Scor et ses 5,5 millions d'euros annuels, ou Daniel Julien, chez Teleperformance, qui touche plus de 2 millions, rien qu'en fixe.

Des patrons amenés à baisser leur salaire

Le cabinet d'analyse financière Proxinvest estime à 300 au total le nombre de personnes concernées dans les entreprises cotées. Il faut aussi compter avec les numéros 2 et 3 de l'entreprise.

La semaine dernière, Stéphane Richard, le PDG d'Orange se disait prêt à diminuer son salaire pour ne pas faire supporter à son groupe le poids de cette nouvelle taxe. D'autres pourraient suivre son exemple, sous la pression des actionnaires qui hésitent moins qu'avant à se faire entendre.

L'an dernier, en Grande-Bretagne, les assemblées générales ont fait plusieurs victimes, parmi lesquels le patron de la Banque Barclays, Bob Diamond, ou celui d'Aviva, Andrew Moss, chahuté en raison de salaires jugés trop généreux au regard des mauvaises performances de l'entreprise. Un activisme contre les rémunérations trop élevées qui pourrait cette année traverser la manche...

Hélène Cornet