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Bernard Cazeneuve justifie la taxe sur les hauts revenus

Le successeur de Jérôme Cahuzac à Bercy veut poursuivre la même politique

Le successeur de Jérôme Cahuzac à Bercy veut poursuivre la même politique - -

Dans une interview au Monde daté du 31 mars, le nouveau ministre du Budget qui a succédé à Jérôme Cahuzac justifie le dispositif retenu par François Hollande pour taxer les hauts revenus. En revanche, il reste prudent sur une stabilisation de la pression fiscale en 2014 souhaitée par le président.

La décision de créer une taxe sur les hauts revenus payée par les sociétés "ne concernera que les entreprises qui choississent de distribuer des rémunérations très élevées, je dirais même indécentes, alors que l'ensemble des salariés font des sacrifices."

Voilà comment le nouveau ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, justifie dans une interview au Monde daté du 31 mars, la nouvelle mouture de la taxe sur les hauts revenus annoncée par François Hollande lors de son intervention télévisée du 28 mars.

" La réalité, c'est que nous avons pris des mesures extrêment fortes en faveur de la compétitivité des entreprises", ajoute-t-il comme s'il voulait démontrer que cette taxe est l'une des contreparties aux 20 milliards d'euros du pacte de compétitivité décidé par le gouvernement en fin d'année 2012.

45,8% de prélèvements en 2017

Concernant la promesse du chef de l'Etat de stabiliser la pression fiscale en 2014, le ministre du Budget reste nettement plus prudent :" l'important est que, dans l'effort de redressement sans précédent que nous avons engagés, notre boussole soit toujours la justice. Et nous allons désormais privilégier les économies. C'est bien la réduction de la dépense publique qui représente l'essentiel de l'effort en 2014".

Pas de promesse donc, mais Bernard Cazeneuve estime que " le précédent gouvernement s'était engagé sur un niveau de prélèvements obligatoires de 45,8% à l'horizon 2017, nous serons sur un niveau très proche à la même date". En 2012, vient de rappeler l'Insee, jeudi 28 mars, le taux de prélèvements était de 44,9%.

3% mais pas moins

A propos des négociations avec Bruxelles concernant le report de l'objectif de 3% de déficit fin 2013, l'ancien ministre des Affaires européennes constate que "les discusssions se passent bien. La Commission perçoit la solidité de la trajectoire engagée, avec la réduction du déficit structurel et les réformes mises en oeuvre avec une méthode nouvelle, comme le montre l'accord sur la sécurisation de l'emploi".

Il estime que l'objectif est de "se conformer aux 3%", mais sans aller plus loin comme l'avait demandé Olli Rehn, le commissaire européen.

P.C.