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Le compte personnel de formation démarre vraiment très mal

Au travers du CPF, les salariés ont souvent du mal à trouver la formation qu'ils convoitent.

Au travers du CPF, les salariés ont souvent du mal à trouver la formation qu'ils convoitent. - COD Newsroom - Flickr - CC

Censé simplifier l'accès à la formation, le successeur du DIF a fait un flop. Sur les 23 millions de salariés recensés en France, seuls 1,5 million se sont donnés la peine d'activer leur CPF. Et il n'a servi qu'à financer 2.000 formations.

Il a remplacé le droit individuel à la Formation (DIF) depuis le 5 janvier. Mais la passation de pouvoir se passe plutôt mal. Le compte personnel de formation (CPF), mesure phare de la réforme sur la formation professionnelle, ne parvient pas à s'imposer auprès des salariés, selon une étude de la société Comundi Compétences que s'est procurée Le Figaro.

Sur les 23 millions de salariés en activité en France, seuls 1,5 million ont pris le temps de se connecter pour activer en ligne leur CPF. Et bien peu ont ensuite poursuivi les démarches puisque, à la fin du mois de mai, le nombre des dossiers déposés se limitaient à 60.000. Au final, seuls 2.000 salariés ont pu utiliser le CPF pour se faire financer une formation. "À l'époque du DIF, on enregistrait 60.000 ou 70.000 dossiers financés chaque mois", explique au quotidien Jean Wemaëre, le président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP).

Des démarches compliquées

Pourquoi un tel désintérêt? Apparemment le nouveau dispositif apparaît obscur aussi bien pour les salariés que pour les entreprises. La nécessité pour les bénéficiaires d'effectuer eux-mêmes les démarches pour enregistrer les heures de formation acquises au titre du DIF semble déjà être un frein. Pour aider à franchir le pas, la Caisse des dépôts, en charge de l'enregistrement et de la gestion des comptes, pourrait soutenir financièrement les entreprises dans une démarche d'inscription collective de leurs salariés désemparés, explique le Figaro.

Concrètement, le CPF permet aux personnes en activité de se voir créditer 24 heures de formation chaque année, puis, une fois le seuil des 120 heures atteint, ce sont 12 heures par an qui viennent s'ajouter pour atteindre le quota maximal de 150 heures. Et ce crédit peut être utilisé jusqu'à la retraite, pour suivre des formations éligibles à ce mode de financement.

Baisse d'activité pour les entreprises de formation

Ce dernier point constitue un autre frein à son développement. Car le CPF doit suivre le marché du travail, et ne proposer que des formations qui seront valorisables dans le secteur d'activité de l'employé. Aussi surprenant que cela peut paraître, des formations de base comme celles concernant la bureautique ne sont pas forcément dans la liste des programmes référencés.

Ce qui fait que ni les salariés, ni les entreprises ne trouvent forcement ce qu'ils recherchent. Et ce sont les entreprises de formation qui pâtissent de la situation. 59 % des professionnels considèrent que la réforme du financement va entraîner une baisse des achats de formation, selon l'étude. Les premiers effets se font déjà sentir: l'activité a baissé de 25%, selon Jean Wemaëre, qui craint "des licenciements importants dans un secteur qui emploie 150.000 personnes.

C.C.