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Le chômage incite les Français à devenir fonctionnaires

Les hausses des salaires ont peu d'effet sur les candidats au poste d'enseignant.

Les hausses des salaires ont peu d'effet sur les candidats au poste d'enseignant. - Thomas Samson - AFP

Dans une étude publiée mercredi 4 novembre, l'Insee s'est penché sur les raisons qui poussent les actifs à rentrer dans la fonction publique d'État en passant les concours. Et, pour la plupart, la hausse du chômage joue à plein.

Les fonctionnaires n'ont jamais été aussi nombreux en France. C'est ce que montrait une récente étude de l'Insee portant sur l'année 2013 et publiée en avril dernier. 5,6 millions de personnes travaillaient ainsi pour l'État, les collectivités locales ou encore pour les hôpitaux publics.

Dès lors, qu'est ce qui motive les Français à rentrer dans la fonction publique? L'Insee apporte des éléments de réponse pour la seule fonction publique d'État dans une étude publiée mercredi 4 novembre et incluse dans "Le portrait social de la France".

Le chômage a un impact fort

L'institut de conjoncture se penche ainsi sur un ensemble de facteurs qui jouent toutefois bien différemment selon la catégorie (A, la mieux rémunérée, B et C) et les enseignants.

Premièrement, le chômage. L'Insee observe qu'une forte hausse durable du taux de chômage (+10%) joue énormément sur les catégories B et C, avec des hausses de candidats aux concours de respectivement de 8% et de 6%. Pour les enseignants, l'effet est un peu moindre, de l'ordre de 3 à 4%. Pour la catégorie, A, l'ampleur de la hausse est la même que pour les enseignants.

Mais, note l'Insee, pour cette dernière catégorie, "l'effet serait transitoire puisque le nombre de candidats supplémentaires ralentirait dès la deuxième année. Ceci pourrait signifier que les candidats potentiels ont une qualification globalement plus facilement valorisable dans le privé".

À l'inverse, le nombre de candidats dans les autres catégories continue d'augmenter la deuxième année: +6% pour l'enseignement, +13% pour la catégorie B et +10% pour la catégorie C. La tendance sur le long terme est même impressionnante: +26,8% des candidats en catégorie B (par rapport au niveau de 2011), +16,5% pour les fonctionnaires, +13,1% pour la C et….0% pour la A.

Les salaires jouent mais pas tant que ça

De même, les hausses de traitement (les salaires de la fonction publique) ont des effets différents. Elles n'en ont aucun sur la catégorie C. Pourquoi? Parce que cette catégorie bénéficie déjà d'une forte attractivité salariale par rapport au privé (21% de plus à fonctions égales).

Pour ce qui est des enseignants, l'Insee note que les motivations pour candidater aux concours "répondent avant tout à une vocation particulière pour exercer ce métier" ou, plus prosaïquement, "de moindres débouchés dans le secteur privé pour les candidats engagés dans certaines spécialités".

Les hausses de rémunération n'ont donc d'effet que sur les catégories A et B. L'Insee calcule ainsi qu'une hausse de salaire de 2,5% sur ces deux catégories attire 2,5% de candidats en plus pour la A et 3,4% pour la B. Sauf que l'impact s'étiole au cours du temps: la deuxième année on arrive à +1,1% pour la A et +0,6% pour la B. L'impact à long terme est même nul.

Autre facteur pouvant jouer: la sélectivité. Plus l'État recrute, plus le nombre de postes offerts est important, plus les concours sont abordables et requièrent un investissement personnel (un peu) moins élevé.

Ainsi une hausse de 10% du nombre de places offertes augmente un peu le nombre de candidats dans toutes les catégories: +1,5% chez les enseignants, +3,1% en catégorie B et +4,3% pour les catégories A et B. C'est à long terme toutefois que les effets sont les plus forts: +10,7% pour la catégorie B, 9,2% pour la A, +7,5% pour les enseignants, +5,3% pour la C.