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Le chômage en nette hausse en août, la plus forte depuis 2013

Le nombre de demandeurs d'emploi a progressé de 50.200 le mois dernier par rapport à juillet. Cela représente une hausse de 1,4%.

De l'aveu même du ministère du Travail, les chiffres du chômage du mois d'août sont "nettement moins favorables que ceux des mois précédents". En effet, le mois dernier, 50.200 nouveaux demandeurs d'emploi se sont inscrits sur les listes de Pôle emploi par rapport au mois de juillet, ce qui représente une hausse de 1,4% et de 1% (36.500 personnes) sur trois mois.

Pour retrouver une telle hausse, il faut remonter à septembre 2013, lorsque le nombre d'inscrits en catégorie A avait augmenté de 53.000. Néanmoins ce chiffre était quelque peu erroné en raison du "bug SFR". En août 2013, l'opérateur télécoms a connu une panne sur ses SMS qui n'arrivaient plus aux chômeurs. Ces derniers ne mettaient alors plus à jour leur dossier et une hausse artificielle des radiations pour défaut d'actualisation avait été observée. Une forte baisse en catégorie A avait été notée. Le mois de septembre 2013 avait alors marqué un important contrecoup et donc une forte hausse.

Si on ne tient pas compte de ce "bug", cette hausse de 50.200 nouveaux inscrits n'a en fait plus été observée depuis janvier 2013 (+52.000 personnes en catégorie A).

Plus forte hausse chez les femmes que les hommes

Au total, 3.556.800 personnes sont sans emploi (catégorie A) et 1.961.400 personnes exercent une activité réduite (catégories B et C).

Sur trois mois, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A augmente de 0,7% pour les hommes (+1% sur un mois et –1,1% sur un an) et de 1,4 % pour les femmes (+1,9 % sur un mois et +0,6% sur un an). Ce nombre progresse de 2,2% pour les moins de 25 ans (+2,3% sur un mois et –3,5% sur un an), de 0,7% pour ceux âgés de 25 à 49 ans (+1,3% sur un mois et –0,8% sur un an) et de 1,1% pour ceux âgés de 50 ans ou plus (+1,2% sur un mois et +2,8% sur un an).

Pour la ministre du Travail, Myriam El Khomri, ce mauvais résultat serait notamment dû, selon elle, aux "difficultés rencontrées dans certains secteurs d'activité particulièrement affectés par les attentats de juillet" à Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray. Selon la ministre, cette hausse a, en outre, été "amplifiée" par un aléa statistique, le nombre "inhabituellement" bas de sorties de Pôle emploi pour défaut d'actualisation. À la fin de chaque mois, les demandeurs d'emploi sont tenus de déclarer leur situation à Pôle emploi, sous peine d'être désinscrits d'office. En août, 172.400 personnes ont quitté Pôle emploi pour ce motif, soit 58.900 de moins qu'en juillet.

Une inversion de la courbe qui tarde

Selon les prévisions de l'OFCE, sur l'ensemble du quinquennat de François Hollande le chômage aurait augmenté de 100.000 personnes, malgré 720.000 créations d'emploi.

Pour rappel, le président de la République a conditionné la candidature à sa propre succession à la fameuse inversion de la courbe du chômage. Celle-ci tarde quelque peu à venir. L'Insee table, certes, sur un taux de chômage à 9,5% en France métropolitaine fin 2016 contre 9,9% fin 2015. Mais cette orientation à la baisse risque d'être de courte durée. La semaine dernière, l'Unédic a fait état de prévisions guère réjouissantes. Comme l'Insee, l'organisme gérant l'assurance chômage voit le taux baisser, de 9,9% à 9,4%. Mais l'Unédic prévoit que ce taux remonte ensuite progressivement à 9,5% en 2017, se stabilise en 2018 puis remonte en 2019 (9,6%). L'Unédic mettait cette contre-performance sur le compte de "la conjoncture dégradée" en raison du Brexit.

D. L. et J. M.