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L'Unsa s'inquiète d'une perte de revenu pour les salariés en arrêt de travail

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Le gouvernement a élargi les conditions d'accès aux arrêts de travail, en permettant aux salariés de moins d'un an d'ancienneté ainsi qu'aux saisonniers et intérimaires, de conserver l'équivalent de leur salaire net. Mais certains décrets n'ont pas été publiés, et bloquent l'indemnisation s'alarme le syndicat.

Le syndicat Unsa s'est inquiété jeudi d'une possible perte de revenu pour les salariés en arrêt de travail en raison de l'épidémie de coronavirus, accusant le gouvernement de revenir "sur la parole donnée aux salariés du privé".

Dès le début de la crise, "vous avez élargi la possibilité de recourir à l'arrêt de travail pour garde d'enfant ou pour les assurés sociaux souffrant de maladie chronique", a rappelé l'Unsa dans un courrier adressé aux ministres du Travail et de la Santé, Muriel Pénicaud et Olivier Véran.

"Afin de ne pas pénaliser financièrement les salariés, vous avez également supprimé les conditions d'accès au complément de rémunération versé par les employeurs", ajoute le secrétaire général du syndicat Laurent Escure dans ce courrier consulté par l'AFP.

Cette décision, décidée au début du confinement, permet aux salariés ayant moins d'un an d'ancienneté ainsi qu'aux saisonniers, intermittents et intérimaires, de conserver l'équivalent de leur salaire net pendant la durée de l'arrêt de travail. 

La mesure n'est pas rétroactive

"Malheureusement, à notre grande surprise, nous avons appris ce jour que les décrets n'étant pas publiés, certains employeurs n'ont donc pas appliqué cette mesure", s'agace Laurent Escure dans son courrier.

"Interrogé sur la question, le ministère du Travail semble d'ailleurs confirmer en développant, qui plus est, que la mesure ne serait pas rétroactive", ajoute-t-il.

Pour le secrétaire général de l'Unsa, le gouvernement revient ainsi "sur la parole donnée aux salariés du privé quant au maintien de la rémunération nette". "Ce choix va engendrer de très grandes difficultés financières, notamment pour les ménages les plus précaires, puisque les indemnités journalières versées par l'Assurance maladie ne couvrent que 50% du salaire de référence", prévient-il.

Dans son courrier, l'Unsa demande donc au gouvernement de prendre "toutes les mesures" pour que "l'ensemble des salariés du privé puissent bénéficier (...) du maintien de leur rémunération".

Le confinement étant amené à s'installer dans la durée, le syndicat appelle par ailleurs l'exécutif à aller "plus loin", en renonçant à l'application des conditions d'ancienneté.

Après 30 jours d'arrêt, les salariés ayant moins de cinq ans d'ancienneté et ne disposant pas de convention collective plus favorable doivent en effet voir le complément employeur baisser fortement, avec à la clé une baisse de rémunération de 33%. Une situation "injuste" dans "le contexte que nous vivons", souligne l'Unsa.

C.C. avec AFP