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L'Etat est prêt à nationaliser ArcelorMittal mais prépare des privatisations pour 2013

ArcelorMittal pourrait être nationalisé provisoirement

ArcelorMittal pourrait être nationalisé provisoirement - -

C'est samedi 1er décembre que l'avenir du site ArcelorMittal doit être décidé. Si le gouvernement brandit la menace d'une nationalisation provisoire, il prépare par ailleurs des cessions d'entreprises publiques pour réduire le déficit.

C'est samedi que le gouvernement pourrait annoncer la privatisation partielle de l'aciérie ArcelorMittal de Florange en cas de refus du patron du groupe sidérurgique de céder l'usine.

Pourtant, alors que le gouvernement brandit la menace d'une nationalisation, il prépare par ailleurs des privatisations ou des cessions de participations dans des entreprises dont il est actionnaire.

Un crédit de 100 millions d'euros est d'ailleurs inscrit au projet de budget 2013 pour rémunérer les banques conseils qui seront chargées de la cession de ces participations. L'Agence des participations de l'Etat (APE), bras armé de Bercy pour gérer les intérêts de l'Etat actionnaire, refuse naturellement de dévoiler le nom des groupes ou entreprises qui pourraient être concernés.

58 entreprises détenues par l'Etat

Il faut dire qu'il y a de quoi faire. Selon le rapport sur l'Etat actionnaire annexé au projet de loi de finances pour 2013, 58 entités sont actuellement comprises dans le périmètre de ces participations.

On y trouve des groupes comme EDF (détenu à 84,4% par l'Etat), GDF Suez (36%), EADS (15%), Air France (15,9%) , Renault (15%), la SNCF, la RATP, mais aussi des structures plus modestes comme Aéroport de Bordeaux ou les Thermes d'Aix-les-Bains. Une partie de Dexia fait malheureusement encore partie du lot...

En 2012, l'Etat a engrangé 4,5 milliards d'euros de dividendes grâce à ses participations. Pour 2013, il attend 7 milliards, soir 2,5 milliards de plus. L'an dernier, le taux moyen de rendement de ces participations s'établissait à 3,27%. Le gouvernement ne s'attend pas pour 2013 à une amélioration de ce taux.Car l'augmentation des rentrées d'une année sur l'autre s'explique par le fait que certains groupes comme GDF Suez ont versé cette année leur dividende sous forme de titres et non en numéraire. Cette pratique ne devrait pas se reproduire en 2013.

Quant aux participations dans les établissements financiers, principalement la Banque de France, la Caisse des dépôts et la Caisse nationale de prévoyance, elles rapporteront 2,3 milliards contre 1,1 milliard cette année. Ce résultat s'explique par la hausse de 600 millions du dividende versé par la Banque de France et autant pour la Caisse des dépôts. Par ailleurs, celle-ci versera à l'Etat 368 000 euros en compensation de l'Impôt sur les sociétés qu'elle ne paie pas.

Réduire le déficit

Si depuis 2010, l'Etat n'a quasiment rien cédé comme participations, c'est oublier que depuis les dénationalisations menées par Edouard Balaldur sous le gouvernement Chirac en 1986-1988, les recettes de privatisations ont atteint la coquette somme de 98,2 milliards d'euro.

La gauche n'a pas été la plus timide en matière de cessions. Entre 1997 et 2002, le gouvernement Jospin avec Dominique Strauss-Kahn aux Finances a cédé pour plus de 27 milliards d'euros.

A quoi ont servi ces sommes ? Pour près de la moitié à désendetter l'Etat. Selon l'APE, sur la période 1997-2011, 34,4 milliards d'euros sur 75,2 milliards de cessions ont été affectés au désendettement contre 26 milliards à des augmentations de capital ou des dotations en fonds propres.

Le gouvernement Ayrault, qui doit ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2013 et proche de zero en 2017, aura bien besoin de nouvelles recettes de privatisations pour y arriver.

Patrick Coquidé