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"L'Etat est l’actionnaire qui réclame le plus de dividendes", selon Gattaz

Pierre Gattaz, le président du Medef, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC ce jeudi.

Pierre Gattaz, le président du Medef, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC ce jeudi. - BFMTV

Le président du Medef était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC ce jeudi. Il s'est insurgé contre l'amendement qui prévoit de taxer les dividendes à titre de rémunération des dirigeants.

Le patron des patrons, qui déteste que les médias l'appellent ainsi, selon Le Petit Journal, squatte actuellement les plateaux de télévision pour faire la promotion de son livre, "Bougeons-nous". Un ouvrage en forme de "cri du cœur" pour montrer les atouts de la France et appeler à cesser de les gâcher, explique Pierre Gattaz ce 30 octobre sur BFMTV et RMC.

Face à Jean-Jacques Bourdin, il s'est surtout insurgé contre l'amendement voté à l'Assemblée qui prévoit de taxer les dividendes lorsqu'ils sont versés à un dirigeant en tant que rémunération. Une mesure dont le ministre des Finances, Michel Sapin, a réclamé ce jeudi matin le retrait. "Heureusement", s'exclame le chef du Medef.

Le plus faible taux de versement de dividendes

Pour lui, cette mesure "c'est ne rien comprendre à l'entrepreneuriat, c'est ne rien comprendre au fait que certains patrons ne se paient pas de salaire pendant un, deux, trois ans, pour développer et lancer leur entreprise. Les dividendes c'est la rémunération du risque".

La France serait, selon certaines enquêtes, l'un des pays au monde où les dividendes sont les plus élevés. "Totalement faux", rétorque Gattaz. Aujourd'hui, "les dividendes en France représentent 8% de la valeur ajoutée créée, alors qu'en Allemagne c'est 18%, et entre 12 et 15% pour l'Italie et l'Angleterre. C'est en France qu'existe le plus faible taux de versement de dividendes", a-t-il plaidé.

L'Etat schizophrène

En outre, "lorsque l'Etat est actionnaire dans une entreprise du CAC40, c'est lui qui réclame le plus de versements de dividendes. C'est complètement schizophrénique", s'est-il indigné.

Les dividendes ont atteint 30 milliards d'euros sur le deuxième trimestre en France, selon une étude d'Henderson parue cet été. Une vision partielle, selon Pierre Gattaz, qui croit se souvenir que l'enquête ne prenait en compte que 50 entreprises, celles du CAC40 (bien que l'indice n'en compte… que 40). "Cela ne s'applique pas aux TPE et aux PME", martèle-t-il.

Quant aux déclarations du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, sur ces entreprises qui préfèrent verser des dividendes plutôt qu'investir, "C'est faux", assure encore Pierre Gattaz pour qui "les patrons de PME et de TPE sont des héros de la Nation qui se battent pour garder leur entreprise en vie".

N.G.