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L'emploi des séniors doit-il être déclaré grande cause nationale?

La France se distingue par un taux d’emploi des 60-64 ans particulièrement faible (33 % contre 47 % en moyenne dans l'Union européenne).

La France se distingue par un taux d’emploi des 60-64 ans particulièrement faible (33 % contre 47 % en moyenne dans l'Union européenne). - Mychele Daniau- AFP

Dans un rapport, les sénateurs estiment que l'emploi des séniors devrait être déclaré grande cause nationale. Les réponses apportées par les pouvoirs publics ne peuvent qu’être modestes, selon leur analyse, c'est donc aux entreprises de mettre en place des dispositifs.

Alors que se déroulent les concertations autour de la réforme des retraites, il semble difficile d'éviter un allongement de la durée des cotisations. Ce qui va conduire les Français à devoir travailler plus longtemps, mais le pourront-ils? Dans un rapport, les sénateurs se penchent sur ce défi des "fins de carrières". Ils rappellent que la France se distingue par un taux d’emploi des 60-64 ans particulièrement faible: 33% contre 47 % en moyenne dans l'Union européenne. Et que la perte d’emploi pour un actif de plus de 50 ans est souvent irrémédiable et le condamne à un chômage de longue durée.

Pour les rapporteurs, il n’existe "aucun dispositif miracle ni incitatif (de type contrat de génération ou baisse de charges…) ni punitif (de type contribution Delalande) qui puisse régler à lui seul le problème de l’emploi des seniors". "Les réponses apportées par les pouvoirs publics ne peuvent qu’être modestes", disent-ils plus clairement.

Mieux anticiper la fin de carrière

Le travail doit donc être fait du côté des entreprises, et pour les mobiliser, les sénateurs aimeraient que l'emploi des séniors soit déclarée cause nationale. 

Parmi la vingtaine de propositions formulées, l'une d'elle vise à obliger les entreprises de plus de 300 salariés à définir un plan d’action en faveur de l’emploi des seniors. Elles pourraient aussi être dans l'obligation de conclure des accords pour adapter les conditions de travail aux salariés les plus âgés pour les maintenir dans l'emploi. Les entreprises vertueuses se verraient décerner un label.

Du côté des salariés, les sénateurs voudraient que ceux-ci anticipent davantage leur fin de carrière, et restent en phase avec le marché du travail grâce à la formation. Aussi, ils souhaiteraient que lors de l'entretien professionnel, la question de la seconde partie de carrière soit abordée, pour éventuellement envisager une reconversion. Ils suggèrent également d'abonder le compte personnel de formation pour les salariés de plus de 45 ans en cas de perte de leur emploi.

Ils formulent aussi l'idée que les séniors aient davantage d'opportunités pour garder un pied dans le monde professionnel, en rendant le cumul emploi-retraite générateur de droit et en élargissant la retraite progressive à tous les actifs.

Coralie Cathelinais