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Ikea a-t-il espionné des salariés et des clients ?

Selon Le Canard Enchaîné, Ikéa aurait espionné des salariés et des clients entre 2003 et 2009.

Selon Le Canard Enchaîné, Ikéa aurait espionné des salariés et des clients entre 2003 et 2009. - -

Selon Le Canard Enchaîné, Ikea aurait eu accès entre 2003 et 2009 aux fichiers de la police pour surveiller certains de ses salariés et de ses clients. Une plainte va être déposée ce mercredi par des syndicalistes du groupe.

Deux avocats mandatés par des syndicalistes d’Ikea vont déposer plainte ce mercredi matin contre le groupe suédois d’ameublement. Selon Le Canard Enchaîné, la filiale française d'Ikea aurait utilisé pendant plusieurs années les fichiers de police pour surveiller et ficher certains de ses salariés et de ses clients. Selon l’hebdomadaire, le groupe a conclu un accord en 2003 avec Sûreté International, une société privée de sécurité et de protection, dont l’un des responsables avait accès illégalement au fichier STIC de la police. Ce fichier est strictement réservé aux forces de l'ordre et contient des informations sur plusieurs dizaines de millions de français.

«Merci de me dire si antécédents SVP concernant cette personne»

Le directeur de la gestion du risque chez Ikea France aurait sollicité ce responsable plusieurs centaines de fois selon Le Canard Enchaîné. Chaque consultation lui était facturée 80 euros. Le journal satirique publie certains des échanges entre les deux hommes qui auraient eu lieu entre 2007 et 2009. Exemple en octobre 2009 : « Merci de me dire si antécédents SVP concernant cette personne. A priori déjà connue pour vol ». Autre demande en novembre 2008 : « Concernant la personne ci-dessous, pouvez-vous savoir pour quels motifs elle a été convoquée en justice ? ». Un autre salarié se rend au travail en Porsche alors qu’il vient d’être embauché ? Aussitôt une demande est faite pour savoir s’il est bien propriétaire du véhicule.

«Cette cliente est-elle connue des services de police ?»

Le groupe va ainsi consulter le casier judiciaire des employés, leur sensibilité politique et syndicale, vérifier des numéros de téléphones…Même les clients étaient concernés, toujours d’après Le Canard Enchaîné. Exemple à Morlaix (Finistère), en juin 2007, où le magasin a « un litige commercial avec une cliente qui réclame 4.000 euros ». Demande du responsable risque à son informateur : « Pourriez-vous me faire une recherche concernant cette adresse et me dire qui est propriétaire (ou locataire) des lieux de façon officielle ? Cette personne est-elle connue des services de police ? ».

La Rédaction