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Hamon face à la grogne des patrons

Benoît Hamon va défendre sa loi sur l'économie sociale à partir de ce 6 novembre au Sénat

Benoît Hamon va défendre sa loi sur l'économie sociale à partir de ce 6 novembre au Sénat - -

Le ministre va défendre son projet de loi sur l'économie sociale et solidaire à partir de ce 6 novembre au Sénat. Mais une disposition du projet braque le patronat : obliger les entreprises de moins de 50 salariés à les informer de tout projet de cession.

Cela devait être le grand jour pour Benoît Hamon. Ce 6 novembre, le ministre défend au Sénat "sa" loi destinée à développer l'économie sociale et solidaire. Mais seule une disposition du texte, assez éloignée de l'économie sociale, soulève l'intérêt. 

Cette disposition prévoit que dans les entreprises de moins de 50 salariés, ces derniers devront être informés au moins deux mois à l'avance d'un projet de cession afin de leur permettre de formuler éventuellement une offre de reprise.

Jeudi 31 octobre, François Hollande a manifesté publiquement son soutien à Benoît Hamon concernant son projet de loi et tout particulièrement cette disposition qui braque le patronat. Pour ce dernier, la mesure, qui s'applique pourtant dans les grandes entreprises, est une source de blocages dans les processus de cession. Elle mettrait en péril la confidentialité nécessaire à une cession d'entreprise.

"Le Medef dit non à tout"

Interrogé sur les critiques du Medef, Benoît Hamon a reproché, jeudi dernier, à l'organisation patronale d'avoir "une vision un peu étriquée de l'entreprise". "Le Medef ne sait pas très bien expliquer pourquoi il est vent debout", contre cette mesure "et c'est dommage qu'il soit parfois, souvent, le syndicat qui dit non", a poursuivi le ministre.

"50.000 emplois disparaissent, sont détruits chaque année parce que des PME en bonne santé voient leur chef d'entreprise partir à la retraite et ne pas pouvoir vendre. C'est un gaspillage et un gâchis considérable", estime Benoît Hamon. "L'inversion de la courbe du chômage passe aussi par le fait qu'on ne détruise plus d'emplois en laissant des entreprises en bonne santé fermer", a-t-il insisté.

Il n'est pourtant pas exclu que durant la discussion parlementaire, le gouvernement lâche un peu de lest pour adoucir la mesure incriminée.

P.C