BFM Business

Grandes écoles: les jeunes diplômés partent de moins en moins travailler à l'étranger

Les jeunes diplômés des grandes écoles, de plus en plus demandés par les entreprises, partent de moins en moins à l'étranger, et restent peu nombreux à créer leur start up.

Les jeunes diplômés ne connaissent plus la crise. "Nous arrivons au niveau de 2008. Nous avons rattrapé ce qui a été pris par la crise", s'est félicité Peter Todd, directeur général d'HEC, en présentant les résultats de l'enquête menée par la Conférence des grandes écoles sur l'insertion des promotions qui ont été diplômés en 2017.

Tous les indicateurs sont au vert, ou presque. Au bout de six mois, 89,4% des jeunes diplômés ont trouvé un emploi, un score en hausse de +2,9 points par rapport à la promotion précédente. Mieux: 62% ont trouvé un emploi avant même d'obtenir leur diplôme (+2 points), un niveau record. Le salaire d'embauche (primes incluses) atteint 47.599 euros bruts annuels pour les diplômés d'école de commerce (+0,8%), et 39.598 euros pour les ingénieurs (+0,2%).

Vases communicants

Par un effet de vases communicants, la bonne santé des entreprises françaises entraîne un recule de l'expatriation et une stagnation de la création d'entreprise. "Quand la croissance de l'économie est là, les étudiants ont des opportunités, et pensent moins à créer leur entreprise. De même, il y a moins d'expatriés en raison de l'économie française, d'un effet Macron, mais aussi car plein de pays étrangers sont moins accueillants, comme la Grande Bretagne suite au Brexit, ou les Etats-Unis, qui sont moins ouverts qu'il y a 5 à 8 ans", explique Peter Todd.

Anne-Lucie Wack, directrice générale de Montpellier SupAgro et présidente de la Conférence des grandes écoles, abonde: "il y a un phénomène de siphonnage: nos diplômés sont littéralement aspirés dès la sortie de l'école".

En pratique, la proportion de jeunes diplômés travaillant à l'étranger, qui avait atteint un plus haut en 2015, recule de 2,3 points en un an, pour tomber à 12,9%. Et la proportion de créateurs d'entreprise stagne, à 3,3%. "A ce qu'on entend, on peut imaginer que tous les jeunes diplômés sont entrepreneurs, mais ce n'est certainement pas le cas", a souligné Peter Todd. Cette proportion de startupers est deux fois plus importante chez les diplômés d'écoles de commerce (4,7%) que chez les ingénieurs (2,3%). "En Amérique du Nord, près de 10% des diplômés des grandes écoles créent leur entreprise. Et les proportions sont inverses: ce sont majoritairement des ingénieurs", a relevé Peter Todd.

Ombre au tableau

Seule ombre au tableau: les écarts entre les hommes et les femmes restent les mêmes, que ce soit en termes de salaire, de niveau cadre, de précarité... En pratique, les femmes diplômées des grandes écoles sont payées 5% de moins que les hommes. Un écart qui est très inférieur à l'écart de 25% constaté pour l'ensemble des salariés. "L'écart est atténué pour les grandes écoles, mais reste inexpliqué et sidérant", a déploré Anne-Lucie Wack. 

Témoignages

Juan, diplômé de SupAéro en 2004
Je suis d’origine colombienne et j’ai fait ma scolarité au lycée Français de Bogota. Ayant obtenu une mention ‘très bien’ au bac, je suis venu faire mes études en France en bénéficiant d’une bourse d’excellence. J’ai choisi de faire ma prépa à Tours, où l’ambiance était moins compétitive et le quotidien moins stressant qu’à Paris. Etant attiré par l’aéronautique et le spatial depuis tout petit, mon objectif dès le départ était d'intégrer SupAéro, ce que j’ai réussi. J’ai ensuite fait une thèse de doctorat sur les télécoms par satellite à Télécom Paris.
A la fin de ma thèse, ma recherche d’emploi a duré deux mois. J’ai mené ma recherche dans les satellites, mais ma candidature a aussi intéressé les domaines applicatifs du traitement du signal. Finalement, j’ai choisi d’aller chez Total qui me proposait un poste en géophysique, dans l’étude les ondes sismiques pour la prospection pétrolière. C’était un virage complet par rapport à mes études mais je ne le regrette pas du tout, car cela s’est avéré très épanouissant et m’a permis de travailler tout autour du monde.
Je suis très reconnaissant au système français, qui m’a permis de bénéficier d’une formation ingénieur gratuite de haut niveau, en parallèle d’une bourse me permettant de vivre correctement en tant qu’étudiant. C’est très bien que les écoles d’ingénieurs françaises sélectionnent leurs élèves par concours, et non en fonction de leurs moyens financiers –même si Polytechnique reste payant pour les étudiants étrangers. Mais cette gratuité totale a des revers. D’abord, les universités françaises manquent de moyens, et se font donc distancer par celles d’autres pays. Ensuite, un élève pour qui la scolarité est offerte sans contrepartie peut être moins motivé, moins engagé, moins respectueux de celle-ci qu’un élève qui a du financer ses études ou se montrer méritant pour y rentrer. Il faudrait sans doute trouver un juste point d’équilibre.

Léa, diplômée de Polytechnique en 2014
Mon père est ingénieur, et j’avais des bonnes notes en maths et en physique, ce qui m’a naturellement conduite en maths sup et maths spé à Stanislas à Paris. A la fin de ma première maths spé, mes notes étaient médiocres, donc Stanislas m’a demandé de partir. Mais heureusement, j’ai été admissible à Polytechnique, donc j’ai pu rester à Stanislas et avoir Polytechnique un an plus tard.
J’ai été diplômée de l’X en 2014. A cette époque, la pantoufle était supprimée. J’ai donc pu aller travailler directement dans le privé. Mais je me sentais redevable, et donc j’ai souhaité rester travailler en France.
Je n’ai pas eu à chercher de travail. J’ai eu plusieurs propositions six mois avant d’être diplômée, d’une part de l’entreprise où j’avais fait mon alternance, d’autre part d’un cabinet de conseil. J’ai choisi le conseil car je voulais faire un peu de tout, et ne pas choisir un secteur précis afin de me laisser le plus de portes ouvertes pour l’avenir.
Etre diplômée de l’X ouvre à peu près toutes les portes, et donne a priori une bonne première impression. Je n’ai pas dû devoir faire mes preuves. Le réseau des Polytechniciens peut aussi être utile pour sa carrière, mais je ne m’en sers pas beaucoup, et il est moins fort que celui des Arts et métiers.
Les Polytechniciens occupent des postes importants, mais c’est légitime dans des entreprises techniques, où les dirigeants doivent comprendre la technique pour prendre des décisions. Mais mon objectif n’est pas du tout de devenir patronne d’une entreprise du CAC 40. Briller auprès des autres m’importe peu. L’important pour moi n’est pas le niveau de mon salaire, mais mon accomplissement personnel. Mon envie à moyen terme est de trouver un travail moins stressant et moins prenant, de quitter Paris, et de consacrer plus de temps à ma famille, quitte à gagner moins d’argent, tant que j’ai de quoi me loger et financer les études de mes enfants.

Amélie, diplômée d’HEC en 2015
Je ne m’inquiétais pas pour mon premier emploi car mes stages s’étaient bien passés. Et effectivement, cela s’est passé très rapidement et très facilement, car j’étais recommandée par mes précédents employeurs, et aussi aidée par l’étiquette HEC. Concrètement, la start up où j’ai fait mon stage de fin d’études m’a proposé un CDI. Certes, mon salaire était légèrement inférieure à la moyenne des jeunes diplômés de HEC, mais cette moyenne est tirée vers le haut par le conseil et la finance. J’ai donc dû faire une petite concession sur le salaire, mais cela n’a pas été difficile, car mes collègues étaient bien et le travail intéressant.
L’important pour moi est d’avoir un travail intéressant et enrichissant, tout en continuant à avoir une vie sociale par ailleurs. L’ascension sociale n’est pas une obsession pour moi. J’ai toujours fait ce qui me semblait bien, sans penser au regard des autres, ou à ce que la société attend de moi.
J’ai voulu travailler dans le web car la moyenne d’âge y est plus jeune, les entreprises à taille humaine, et surtout ce secteur est dynamique et crée de l’emploi, ce qui permet de trouver plus facilement du travail. J’aimerai bien créer mon entreprise un jour si j’en ai l’opportunité, mais ce n’est pas une obsession.

Jamel, diplômé de l’EDC en 2016
J’ai fait mon collège à Nanterre, dans une zone d’éducation prioritaire (ZEP). Vu que j’avais de bonnes notes, j’ai postulé à de meilleurs lycées que celui de mon quartier, mais ce dernier a tenu à me garder pour tirer l'établissement vers le haut... Mes parents ont aussi voulu m’inscrire dans un lycée privé du 16ème arrondissement, qui a refusé de me prendre. Bref, il n’y a pas vraiment d’égalité des chances quand vous venez d’une ZEP, même si certaines initiatives sont mises en place comme les ateliers Sciences Po, cela reste plus difficile. En plus, mes profs ne me poussaient pas à suivre les voies les plus prestigieuses, comme une prépa HEC, mais m’incitaient plutôt à rejoindre une faculté ou faire un BTS.
J’ai choisi finalement de rejoindre une école de commerce post-bac, l’EDC, car elle est bien classée, dispose d’un vaste réseau d’anciens et est très orientée entrepreneuriat, ce qui est important pour moi. Au total, les cinq ans à l’EDC m'ont coûté environ 43.000 euros, que j’ai financés avec un prêt étudiant et l’argent de mes stages. Débourser une telle somme ne m’a pas freiné, car l’EDC promettait des salaires de sortie de 30 à 35.000 euros par an, ce qui s’est avéré exact. Mais s’endetter met une certaine pression sur vos épaules. Et cela vous empêche de prendre trop de risques, par exemple de devenir entrepreneur, ce qui était mon envie initiale. Car aujourd’hui, je rembourse toujours ce prêt, à hauteur de 600 euros par mois. Peut être que je me lancerai quand j’aurai fini de rembourser mon prêt en 2022.
Une fois diplômé, j’ai été recruté comme consultant dans un cabinet de conseil parmi les « big four », chez qui j’avais déjà fait deux stages et qui m’a proposé un poste. Je n’ai même pas eu besoin de chercher ailleurs. Au sein de ma promotion, je fais partie de ceux qui s'en sont très bien sorti et cela sans forcément avoir le réseau le plus étoffé de l'école. Cela montre qu’on peut tirer son épingle du jeu quand on a la volonté, qu’on se prend en main et qu’on se donne les moyens.

Samy, diplômé de l’EDHEC Nice en 2019
En 4ème année, je me suis orienté en stratégies digitales et e-commerce. J’ai créé mon agence dans ce domaine, qui est actuellement incubée à l’EDHEC. Après avoir eu des expériences à l’étranger, dans le but de donner une dimension internationale à mon CV, j’aimerais faire mes débuts à Paris, dans un grand groupe.
La concurrence est rude sur le marché du travail, mais je ne m’inquiète pas pour en trouver. On trouve toujours du travail quand on est bon dans un domaine précis, quand on sait se démarquer des autres, et faire preuve de rigueur. Toutefois, il ne faut pas rêver d’avoir tout de suite un salaire sublime, mais accepter des premiers stages formateurs dans certains grands groupes.
Il faut regarder la réalité en face: dans le choix d’un poste, l’un des critères les plus importants est le salaire, et je suis prêt à travailler beaucoup pour avoir un beau salaire. Cette course au meilleur salaire démarre dès l’école. C’est assez logique vu qu’on parle d’argent dans tous les cours... Et la compétition entre élèves est motivante.

Alexandre, diplômé de l’Isep en 2020
J’ai fait une prépa intégrée car je ne voulais pas faire de classe préparatoire. Je ne cherche pas la compétition, mais l’esprit d’équipe. La classe prépa, c’est du stress pour rien. Mais l’école ne me suffit pas. En parallèle, je suis devenu auto-entrepreneur. J’ai créé un site web de vente d’articles de mode. Et j’espère continuer à faire des choses qui m’amusent à côté de mon travail d’ingénieur. Mon salaire d’ingénieur me permettra de les financer, car j'ai la chance d'avoir choisi une voie qui, en plus de me passionner, m'assurera certainement une sécurité financière.
Je ne me pose pas la question de trouver un travail à la sortie de l’école, ça ne me fait pas peur. Il me semble que les métiers de l'informatique ne sont pas touchés par la crise et que le marché du travail pour les ingénieurs va bien. L’offre est plus importante que la demande: lorsque j’ai cherché une alternance, j‘ai reçu plus d’offres que celles auxquelles je pouvais postuler. Et j'espère être à la hauteur des missions qui me seront confiées pour décrocher un contrat au terme de mon alternance.

Alexis, diplômé de l’American Business School en 2020
Lorsque j’étais au lycée, je voulais choisir une filière où je serais sûr de trouver du travail, d’avoir une roue de secours. J’ai donc passé en alternance un bac professionnel de mécanique automobile, un secteur où il n’y a pas de chômage. Mais ce n’était pas ma vocation. Je ne voulais pas faire de la mécanique toute ma vie, et je voulais continuer mes études après le bac. J’ai donc intégré l’American Business School pour décrocher un bachelor en marketing dans le domaine du luxe. Le luxe m’a toujours attiré, fait rêver, et c’est un secteur en pleine expansion: même les ados aujourd’hui veulent acheter des marques de luxe… J’ai donc déjà fait plusieurs jobs d’été ou stages chez Hermes, Louis Vuitton, Ralph Lauren, Chaumet… Cela m’a notamment permis de financer l’ABS qui coûte 9.000 euros par an.
Je pense qu’il n’y a pas de problème pour trouver du travail quand on cherche bien, on se vend bien, on se comporte bien et on se débrouille bien. La crise existe en réalité pour ceux qui voient une crise.

Maxime, diplômé de l’Isep en 2020
Ma passion est la musique, et en vivre mon un rêve. J’ai cherché des études proches de ma passion. J’aimerai donc être ingénieur dans un domaine se rapprochant de la musique, du son, par exemple le traitement du signal. Il est très important d’aimer ce que l’on fait et de concilier sa passion et son métier, car il faut s’épanouir dans son travail, et dès lors vous êtes forcément productif.
La crise ne me fait pas vraiment peur. Étant dans une école d’ingénieur du numérique, le chômage est faible dans ce secteur d’activité. Avec de la motivation, on se sent plus protégé.

Géraldine, diplômée de l’Essca en 2021
Mon objectif est d’être indépendante financièrement, de ne pas avoir de problème d’argent, de subvenir aux besoins de ma future famille, et aussi garder le même niveau de vie que mes parents. C’est pour cela que j’ai choisi une école de commerce, plutôt que la recherche scientifique par exemple, qui n’est pas assez rémunératrice. Je ne voulais pas travailler sans relâche pendant deux ans, donc j’ai préféré faire une école de commerce post-bac.
Une fois diplômée, j’aimerai travailler dans la finance, par exemple dans la banque d’affaires. Je suis assez optimiste sur le marché du travail, et ce n’est pas mon premier souci actuellement. Mais les élèves des promotions supérieures sont plus inquiets. Ils craignent qu’une nouvelle crise financière ne survienne, par exemple à cause de la Chine. Si une telle crise arrive, alors les embauches dans la finance risquent d’être gelées, et ma recherche de poste compliquée. Dans ce cas-là, j’irai chercher du travail à l’étranger.

Maxime, diplômé de l’ESC Rennes en 2021
J’ai toujours été à l’aise à l’oral, et très convaincant. Ma mère disait que j’aurais pu vendre du pain à un boulanger. J’étais donc attiré par la vente et le commercial. Mais je ne voulais pas faire de prépa HEC, car je trouvais cela trop scolaire et pas assez concret. J’ai donc obtenu un DUT de techniques de commercialisation à l’IUT de Saint Brieuc. Là, ce sont les cours de finance qui m’ont le plus intéressé. J’aimerai donc travailler dans ce secteur. La finance est le fondement de l’économie, et il faut la comprendre. C’est aussi un secteur qui recrute en permanence.
Je reste confiant concernant le marché du travail. Certes, une nouvelle crise peut toujours frapper la finance. Mais je fais mon maximum pour correspondre aux attentes des recruteurs, et j’espère que je tirerai mon épingle du jeu.

Julie, diplômée d’une école de commerce post-bac en 2022
Arès le bac, je ne voulais pas faire de prépa HEC, car la lourde charge de travail me faisait peur, sans garantie d’avoir au bout mieux qu’une école de commerce post-bac. Je voulais donc faire une licence d’éco/gestion, mais, venant de province, je n’ai été prise dans aucune fac parisienne, et seul restaient des universités de province d’un niveau moyen, et j’avais aussi peur de ne pas être assez encadrée dans une fac. En parallèle, j’avais passé les concours des écoles de commerce post-bac, même si cela revient très cher. Ma famille n’ayant pas les moyens de financer une école post-bac, j’ai dû faire un prêt étudiant, garanti par mes parents, ce qui me met une certaine pression.
Quand on choisit son école de commerce, il faut faire attention à prendre une école dont le diplôme est reconnu par l’Etat. Il faut aussi se renseigner avant auprès des élèves, et se méfier si les avis sont uniquement positifs, car il y a toujours des choses qui ne vont pas.
Finalement, je suis plutôt satisfaite des cours et des professeurs, qui sont intéressants. Mais le problème est qu’environ 15% des élèves de la promotion ne travaille pas, ne savent pas pourquoi ils sont là, trichent aux examens, et à la fin se retrouveront avec le même diplôme que ceux qui ont travaillé. Bref, ils auront acheté leur diplôme sans rien faire, et sans rien dépenser, car l’école est payée par leurs parents. Mais l’école garde quand même ces élèves, car elle a besoin de leur argent. Chaque année, il y a aussi une cinquantaine d’élèves qui abandonnent en cours de route, alors qu’ils ont déjà payé 9.000 euros pour leur année.
L’école de commerce sert surtout à se créer un réseau, et à avoir de l’expérience via des stages. Mais, à la sortie de l’école, de plus en plus de diplômés mettent 4 à 8 mois pour trouver un emploi, ce qui me fait un peu peur. Je ne veux pas avoir payé une école de commerce pour finir vendeuse, sinon j’aurai fait un BTS.

Victoria, diplômée de l’Efrei en 2022
Je suis passionnée d’informatique depuis le plus jeune âge. J’ai donc voulu devenir ingénieure en informatique, car c’est un métier avec des débouchés. Il y a énormément de travail dans ce secteur, c’est rassurant. Mais je ne voulais pas faire de prépa scientifique, ça demande un trop gros investissement, et je voulais continuer à avoir des loisirs à côté de mes études.
Je suis donc rentrée à l’Efrei après le bac. L’école me coûtera 40.000 euros en tout, financés par un prêt étudiant, dot mes parents ont accepté de rembourser la moitié. Mais avoir ce prêt sur les épaules ne m’inquiète pas trop, car les salaires à la sortie de l’Efrei (environ 45.000 euros par an) devraient me permettre de le rembourser assez facilement.
Je ne m’inquiète pas trop pour trouver du travail à la sortie de l’école, car les diplômés de notre école ont pas mal de propositions. Mais si jeux trouver le poste qui me correspond, ça ne se fera pas en un claquement de doigts.
Je ne veux pas faire du code informatique toute ma vie. Je veux bien faire du développement durant les premières années, mais j’ai peur de m’ennuyer à la longue. J’aimerai donc ensuite évoluer vers des fonctions managériales, et pour cela, j’envisage de faire après l’Efrei un mastère dans une grande école de commerce.
J’aimerai aussi créer ma propre entreprise. Je sais que la plupart des start ups échouent, mais une minorité réussit, alors pourquoi pas moi ? Il y a trop de start ups qui se créent en ce moment, car c’est à la mode, c’est le reflet de notre époque où les jeunes ne veulent pas juste obéir, mais faire ce qui leur plait et être indépendants.

Thibault, diplômé de Dauphine en éco-gestion en 2022
Dauphine est très prestigieux. Un autre point fort est que cela permet d’éviter de faire une prépa, et donc de trouver un bon compromis avec sa vie personnelle
Je n’ai pas d’idée fixe sur mon futur métier, mais cela vaut mieux. Car les études montrent que les métiers du futur sont encore inconnus, et que l’important est d’être polyvalent et de savoir s’adapter. Je vais essayer de faire des stages dans différents métiers qui me tentent pour confirmer mes choix d’orientation. Je veux éviter un métier qui sera détruit par l’intelligence artificielle. Je pense que le conseil en stratégie ou l’intelligence économique ne seront pas préemptés par les robots…
Cela peut me mener à créer mon entreprise. Mon père est entrepreneur, et m’a donné cette envie. Mais je ne me lancerai pas à la fin de mes études, ce serait trop risqué. J’attends d’avoir la bonne idée au bon moment. Je ne veux pas succomber à la mode actuelle en créant une start up inutile de plus. Eviter le chômage est un facteur dans mes choix. J’avais envisagé des études d’architecture, mais la filière s’avère trop bouchée… Mais à Dauphine, on nous répète que le risque de chômage est faible. Je trouve que le marché de l’emploi en France est assez dynamique –en tous cas, pour les diplômés de l’enseignement supérieur, et je n’ai pas envie d’aller travailler à l’étranger.

Jamal Henni