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Gattaz menace de ne pas appliquer le compte pénibilité, Valls lui répond

Six nouveaux critères doivent rentrer en vigueur vendredi 1er juillet. Pierre Gattaz, président du Medef, a d'ores et déjà annoncé que les entreprises ne les mettraient pas en place. Marisol Touraine et Manuel Valls lui ont répondu.

Pierre Gattaz refuse de se plier aux nouvelles obligations du compte pénibilité entrant en vigueur à partir du 1er juillet, comme le prévoit la loi. "Nous ne savons pas comment faire le 1er juillet, donc nous n'appliquerons pas" le compte pénibilité, mis en place en 2015 avec quatre critères, et dont six nouveaux critères entrent en vigueur vendredi, a déclaré le numéro un du Medef à des journalistes.

Marisol Touraine, ministre de la Santé, lui a immédiatement répondu: "La démocratie ne s'arrête pas aux portes du Medef. Il est inacceptable que le Medef appelle à ne pas appliquer une loi de la République! Le Medef ne peut pas choisir les lois qu'il applique et celles qu'il n'applique pas".

Même son de cloche du côté de Manuel Valls: "On ne peut pas demander que l'État incarne l'autorité, que les lois de la République s'appliquent, et soi-même se soustraire aux lois de la République. La pénibilité c'est une grande avancée", a déclaré le Premier ministre.

Cumuler des points

En réalité, les entreprises n'auront à faire leurs déclarations que début 2017 et pourront les modifier jusqu'en septembre 2017, voire 2019 si la modification joue en faveur du salarié.

Le compte pénibilité, instauré depuis 2015 et mesure emblématique de la réforme des retraites de 2013, vise à permettre aux salariés du privé ayant exercé des tâches pénibles, de cumuler des points afin de partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel.

"C'est beaucoup trop compliqué"

Potentiellement, 3 millions de personnes sont concernées, selon le gouvernement qui a retenu dix facteurs, dont quatre en vigueur depuis 2015: travail de nuit, travail répétitif, en horaires alternants ou milieu hyperbare (sous-marin). Au 1er juillet, six autres doivent entrer en application: postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques, vibrations mécaniques, températures extrêmes et bruit.

"C'est beaucoup trop compliqué, c'est inapplicable", a expliqué Pierre Gattaz. "On ne sera pas prêts le 1er juillet", a-t-il répété, indiquant avoir déjà dit à de nombreuses reprises à la ministre du Travail Myriam El Khomri que ce dispositif était "une usine à gaz".

L'ensemble des organisations patronales ont demandé a minima à reporter l'entrée en vigueur des nouveaux critères. Selon le gouvernement, quelque 26.000 entreprises ont rempli en 2016 des fiches d'exposition pour 500.000 salariés au titre de l'année 2015, preuve que cela "fonctionne".

D. L. avec AFP