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Gattaz: "Aujourd'hui il faut être un héros pour embaucher en France"

Pierre Gattaz veut davantage de pédagogie sur l'économie en France

Pierre Gattaz veut davantage de pédagogie sur l'économie en France - Éric Piermont - AFP

Le président du Medef considère, dans une interview au journal La Croix à paraître mardi 21 juin que "créer un seul emploi" est déjà "sportif" dans l'Hexagone. Il revient également sur le refus du Medef de poursuivre les négociations sur la nouvelle convention de l'assurance-chômage.

Pour Pierre Gattaz, le manque de pédagogie tire la France vers le bas. "La France qui résiste à la loi El Khomri est cette France qui a peur, à qui on n’a pas bien expliqué les changements, la mondialisation de l’économie", affirme ainsi le président du Medef dans un entretien au journal La Croix à paraître ce mardi 21 juin.

Ce pourquoi il faut, selon lui, "mieux enseigner l'économie" et "expliquer que ce sont les entreprises qui créent de la richesse avec les équipes, que le chef d'entreprise n'est pas 'un salaud de patron isolé'".

"Bravo" à la majorité de gauche

"Je vois beaucoup de salariés extrêmement heureux et fiers de leur entreprise et de leur patron. Il faudrait faire en sorte qu’on les entende davantage", poursuit-il. Le patron des patrons ajoute ensuite que "même François Hollande a pris un virage entrepreneurial", disant "bravo à la majorité de la gauche qui a pris ce virage".

Sauf que pour lui "cette impulsion ne s'est pas traduite dans les faits". "Aujourd’hui, il faut être un héros pour embaucher en France. Essayez de créer un seul emploi…Rien que cela, c’est sportif…", regrette-t-il.

"La CGT s'est complètement radicalisée"

Le patron des patrons est aussi revenu sur l'échec des négociations sur la nouvelle convention d'assurance-chômage dû au refus du Medef de poursuivre les débats. "Nous ne sommes pas prêts à signer à tout prix. Les syndicats font de la hausse du coût du travail un préalable à tout accord, disons stop. Pour une simple raison : nous n’avons plus rien à donner", explique-t-il. Pierre Gattaz déplore en effet que "cela fait trente ans que l’entreprise paie des cotisations supplémentaires à chaque négociation". 

Concernant, enfin, ses relations avec la CGT, s'il regrette d'avoir utilisé le mot de "terroriste" pour désigner certains manifestants, il n'en demeure pas moins critique du comportement de la centrale. "La CGT s'est complètement radicalisée", assure-t-il, affirmant au passage être "choqué lorsqu'[il] voit [sa tête] brandie sur une pique dans les cortèges". "C'est de l'appel à la violence, au meurtre, et cela relève du pénal", déclare-t-il".

J.M.