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Formation professionnelle: la CFDT signe l'accord mais alerte contre la "tentation d'un big bang"

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. - Bertrand Guay / AFP

Le premier syndicat du secteur privé estime que l'accord "fait progresser les droits des salariés", contrairement au "big bang" promis par la ministre du Travail qui pourrait les niveler par le bas.

La direction de la CFDT a décidé ce lundi de signer l'accord sur la formation professionnelle conclu la semaine dernière avec le patronat, tout en alertant le gouvernement contre "la tentation d'un big bang" de simplification du système.

"La CFDT, réunie en bureau national, a décidé de signer à l'unanimité" l'accord, écrit-elle dans un communiqué. Le syndicat emboîte ainsi le pas de Force ouvrière, qui avait signé l'accord vendredi.

L'accord "fait progresser les droits des salariés"

Selon le premier syndicat du secteur privé, l'accord "fait progresser les droits des salariés", en créant un "financement spécifique" pour le conseil en évolution professionnelle (CEP), en augmentant "de 50%" les droits cumulés par les salariés sur leur compte personnel de formation (CPF), en maintenant un "droit à la reconversion", et en donnant aux branches professionnelles "la responsabilité de l'apprentissage".

La CFDT demande que "les dispositions de l'accord, favorables à la sécurisation du parcours des salariés, soient reprises dans le projet de loi que le gouvernement présentera dans quelques semaines".

"Aller encore plus loin" à condition de ne "pas tout casser"

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a déjà prévenu jeudi, quelques heures avant le bouclage de l'accord, que le gouvernement ne le reprendrait pas dans sa totalité. Elle a promis "un big bang" de simplification du système de formation qu'elle doit annoncer mardi, estimant que les partenaires sociaux "n'ont pas traité" ce sujet.

Dans son communiqué, la CFDT "alerte sur la tentation d'un big bang", qui "pourrait conduire in fine à un nivellement des droits des salariés par le bas". Le syndicat se dit "prêt à aller encore plus loin" en matière de modernisation du système, "mais pas à tout casser, au risque d'une régression du droit des personnes, en particulier des plus fragiles au regard de l'emploi".

J.-C.C. avec AFP