BFM Business

Emploi: quel bilan pour Hollande et sa boîte à outils ?

François Hollande avait défendu sa "boîte à outils" pour l'emploi à la télévision fin mars. Mais le gouvernement va devoir enrichir sa politique pour faire reculer le chômage.

François Hollande avait défendu sa "boîte à outils" pour l'emploi à la télévision fin mars. Mais le gouvernement va devoir enrichir sa politique pour faire reculer le chômage. - -

Le président promet toujours d'inverser la courbe du chômage d’ici à la fin 2013. Pour cela, il a mis en place des outils : emplois d’avenir, contrats de génération et loi sur la sécurisation de l’emploi ont passé l’étape de l’Assemblée. Mais d’après les premiers indicateurs, ces mesures ne suffiront probablement pas.

Comment faire reculer le chômage qui a atteint le pic record de 3,2 millions de sans-emplois ? François Hollande continue d’assurer que la courbe s’inversera avant la fin de l’année. Mais les réformes mises en place par le gouvernement Ayrault peuvent-elles suffir ? Premier bilan, avant la publication des chiffres du chômage du mois d’avril, ce jeudi 30 mai.

> Emplois d'avenir : coincés dans les starting-blocks

Le dispositif: des contrats aidés, d’une durée de trois ans, destinés aux jeunes de moins de 25 ans qui n’ont pas le bac. Ils sont subventionnés par l’Etat, à 75% du smic lorsque l’embauche se fait au sein d’une collectivité locale ou d’une association, contre 35% dans le secteur privé.

L’objectif: créer 100.000 emplois à l’horizon fin 2013.

Le bilan: un peu plus de 17.000 emplois d’avenir étaient signés à la fin avril. Le projet accuse du retard : l’objectif n’est rempli qu’à 18,45%, alors qu’un tiers de l’année est déjà écoulé. Pire, les données départementales montrent que la mesure peine à démarrer dans les zones les plus touchées par le chômage des jeunes, comme en Seine-Saint-Denis ou dans les Bouches-du-Rhône. Pour rectifier le tir, le Conseil d’analyse économique recommande d’étendre la subvention à 50% pour le secteur privé. Une mesure à laquelle le ministre du Travail Michel Sapin s'est dit favorable.

> Contrats de génération : une coûteuse inconnue

Le dispositif: des contrats aidés qui incitent les PME à l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans, conditionnée au maintien de l’emploi d’un senior de plus de 57 ans. L’Etat accorde 4.000 euros d’allègements de charges par an, répartis sur les deux emplois, pendant trois ans.

L’objectif: créer 500.000 emplois sur le quinquennat, soit 100.000 emplois par an.

Le bilan: lancé en mars, le dispositif est trop récent pour être évalué, mais le coût de la mesure fait déjà débat. Le Conseil d’analyse économique préconise de limiter l’allègement de charges aux salaires inférieurs à 1,6 fois le smic. Le but ? "Limiter les effets d’aubaine" en évitant de subventionner des embauches nécessaires, qui se feraient sans aide, et économiser 500 millions d’euros.

> Sécurisation de l'emploi : faux-départ

Le dispositif: c'est la transposition de l'accord sur l'emploi conclu en janvier entre patronat et syndicats. Le texte accorde de nouveaux droits aux salariés (temps partiel encadré, présence dans les conseils d'administrations, droits rechargeables à l'assurance chômage, etc.), tout en permettant une plus grande flexibilité (exonération de charge sur certains CDI, plans sociaux moins complexes, etc.) pour les patrons.

L’objectif: le gouvernement veut limiter les plans sociaux et sécuriser les licenciements avec ce texte.

Le bilan: votée le 14 mai, la loi n'est toujours pas promulguée. L'UMP a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel pour retarder l'application du texte. Le gouvernement attend le verdict des Sages de la rue Montpensier, mais viser les licenciements et les plans sociaux ne peut pas suffire. La hausse du chômage s'explique surtout par les fins de CDD, la chute de l'intérim et la précarité des moins de 25 ans.

Romain Fonsegrives