BFM Business

Emploi: les jeunes Français parmi les moins bien lotis d'Europe

L'insertion professionnelle est compliquée pour les jeunes français.

L'insertion professionnelle est compliquée pour les jeunes français. - David Drexler - Flickr

En 40 ans, la situation des jeunes sur le marché du travail s'est dégradée en France. Le taux de chômage est dans une fourchette haute, le taux d'activité, lui, est plus faible que la moyenne européenne.

Un taux d'activité faible, un "sur-chômage" persistant, une proportion élevée de décrocheurs... La situation des jeunes sur le marché du travail s'est globalement dégradée et leur insertion professionnelle est plus compliquée en France qu'ailleurs en Europe, selon un rapport qui doit être remis ce mardi à la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Ce rapport de "diagnostic" a été élaboré par France Stratégie, organisme de réflexion rattaché à Matignon, et la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail, en concertation avec les organisations syndicales et patronales ainsi que quatre organisations de jeunesse (Fage, JOC, MRJC et Unef), à l'issue d'une concertation sur l'insertion professionnelle des jeunes lancée par Myriam El Khomri en septembre 2016.

Comparé aux autres pays européens, le taux de chômage des jeunes français, qui a été multiplié par 3,5 en 40 ans, "se situe dans la moyenne haute": 24% en 2016 pour les moins de 25 ans, soit la 5e position sur 16 pays, après la Grèce, l'Espagne, l'Italie et le Portugal mais loin devant l'Allemagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, souligne le document.

Le taux d'activité des 15-24 ans est également faible, de 4,5 points inférieur à la moyenne européenne en 2015, ce qui s'explique notamment par un faible cumul emploi-études. À 15%, il est en hausse, mais reste plus bas que dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas, où davantage de jeunes sont en apprentissage. Toutefois, ce cumul peut avoir un effet positif sur l'insertion tout en augmentant les risques d'échec universitaire, nuance le rapport.

La proportion de "NEET", ces jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation reste par ailleurs plus élevé (15%) en France que dans les pays nordiques et en Allemagne, et, contrairement à d'autres pays de l'Union européenne, il n'a pas reculé depuis 2013.

"Sur-chômage" élevé 

Les jeunes Français connaissent aussi un "sur-chômage" élevé au moment de leur entrée sur le marché du travail, qui persiste "plus d'une dizaine d'années après leur entrée sur le marché du travail". Et 35% sont en contrat temporaire. "Les difficultés d'insertion de jeunes dans l'emploi sont marquées dans tous les pays européens par un sur-chômage. Mais, outre le fait qu'en France la conjoncture du marché du travail est globalement dégradée, ce qui la rend plus difficile chez nous, c'est pour certains le cumul de difficultés qui constituent de véritables barrières à l'entrée (compétences de base, mobilité, santé, logement, maîtrise du numérique...)", explique à l'AFP Hélène Garner, directrice du département travail à France Stratégie.

Parmi les dispositifs favorisant l'insertion, l'apprentissage permet une meilleure insertion dans l'emploi que la voie scolaire, notamment pour les moins diplômés, constate le rapport. Mais avec un bémol: un taux de rupture des contrats élevé, de l'ordre de 27%.

Le CDI, l'objectif majeur

Pour une majorité de jeunes âgés de 18 à 29 ans, obtenir un CDI est un "objectif majeur", "difficile à obtenir", montre un sondage. Interrogés sur ce que représente le CDI, 73% répondent que c'est un objectif majeur, 20% qu'il attire de moins en moins et 6% qu'il ne les attire pas, selon ce sondage réalisé pour l'Union des auto-entrepreneurs et la Fondation Le Roch Les Mousquetaires à l'occasion du Salon des entrepreneurs Paris 2017.

81% estiment qu'un emploi en CDI est difficile à obtenir, 19% pensent le contraire. Et 62% pensent qu'il est difficile de se mettre à son compte (37% facile). À propos des avantages du salariat, 70% mettent en avant la sécurité de l'emploi et la régularité du revenu facilitant la location d'un logement, l'obtention d'un crédit, l'ouverture d'un compte bancaire..., 49% citent l'avantage des droits acquis en matière de congés et le même pourcentage la bonne couverture sociale (chômage, retraite). Concernant les inconvénients, 39% évoquent la monotonie d'un poste salarié, 34% le fait de travailler pour un projet qui n'est pas le leur et 33% le système hiérarchique.

D. L. avec AFP