BFM Business

Emploi: l'Unédic voit le chômage baisser dès la mi-2015

Philippe Huguen - AFP

Philippe Huguen - AFP - L'Unédic voit le chômage reculer d'ici à l'été 2012

L'organisme qui gère l'assurance-chômage a publié ses prévisions économiques, ce mardi 16 juin. Il voit ainsi le nombre de demandeurs d'emploi sans activité refluer à partir "du milieu de l'année 2015".

Le léger mieux se confirme. Le nombre de chômeurs devrait baisser à partir de cet été, selon l'Unédic qui estime que plus de 90.000 personnes devraient quitter les listes de Pôle emploi d'ici à fin 2016.

Sur l'ensemble de 2015, Pôle emploi, qui a enregistré fin avril un nouveau pic historique de 3,53 millions de demandeurs d'emploi sans activité dans l'Hexagone, devrait in fine en recenser 12.000 supplémentaires.

Mais, comme 35.000 chercheurs d'emploi supplémentaires ont déjà poussé la porte d'une agence entre janvier et avril, le nombre total de demandeurs d'emploi sans activité devrait donc diminuer de 23.000 sur le reste de l'année, pour arriver à ce solde de +12.000 en 2015.

Concernant 2016, la baisse serait franche, avec 68.000 demandeurs d'emploi sans activité en moins. Il s'agirait alors de la première année de recul depuis 2007, année qui a précédé une crise financière mondiale.

Cette prévision est nettement moins pessimiste que celle publiée en janvier dernier: l'Unédic tablait alors sur un afflux de 104.000 nouveaux chômeurs pour cette année. A titre de comparaison, quelque 190.000 ont été recensés en plus l'année dernière. Et plus de 600.000 depuis l'élection de François Hollande en 2012.

Hausse du temps partiel

En revanche, ombre au tableau, le nombre de demandeurs d'emploi exerçant une activité (CDD, intérim ou temps partiel) continuerait lui à augmenter : +134.000 cette année et +38.000 en 2016. Le retour de la croissance s'accompagne dans un premier temps de contrats courts, explique l'Unédic.

Et la "transformation de long terme du marché du travail" montre une "forte progression des contrats de durée limitée", a noté Vincent Destival, directeur de l'Unédic, lors d'une conférence de presse. Le chef de l'Etat, qui a échoué à inverser la courbe du chômage au début de son mandat comme il s'y était engagé, conditionne une éventuelle candidature en 2017 à une embellie sur le front de l'emploi. L'OCDE, comme l'Unédic, pense qu'elle pourrait intervenir dans la deuxième moitié de 2015.

30 milliards de dette fin 2016

Les prévisions de l'Unédic se basent sur une perspective de croissance de 1,1% en 2015 et de 1,6% en 2016. Ce début de reprise économique, couplé aux effets du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) et du pacte de responsabilité (40 milliards d'euros redistribués aux entreprises d'ici à fin 2017), permettrait de recréer de l'emploi "dès le 2e trimestre 2015", selon l'organisme paritaire.

Le nombre total de demandeurs d'emploi indemnisés par l'assurance chômage continuerait toutefois encore à augmenter, creusant encore la dette colossale du régime.

Le déficit s'élèverait à 4,6 milliards d'euros en 2015, puis 3,5 milliards en 2016. La dette culminerait ainsi à 29,4 milliards fin 2016, après 25,9 milliards fin 2015. Elle pourrait même atteindre 35,1 milliards d'euros en 2018, selon un rapport également dévoilé mardi, mais qui présente un "degré d'incertitude extrêmement élevé", selon Patricia Ferrand, présidente CFDT de l'Unédic.

"Les effets positifs de la conjoncture ne suffisent pas à résorber le déficit de l'assurance chômage dans les prochaines années, donc la dette va continuer à augmenter", a-t-elle souligné, rappelant que "l'assurance chômage est un régime très sensible à la conjoncture".

Les nouvelles règles d'indemnisation, négociées par les syndicats et le patronat au début de l'année dernière, avaient notamment pour objectif de dégager des économies pour le régime. Le gain se chiffrera à 1,9 milliard à l'horizon fin 2016.

Entrée en vigueur en juillet 2014 malgré une forte contestation des intermittents du spectacle qui voyaient leur régime durci, l'actuelle convention d'assurance chômage arrive à échéance le 30 juin 2016. Elle sera donc de nouveau sur la table des partenaires sociaux à partir de fin 2015-début 2016. Une négociation qui s'annonce houleuse, au regard des comptes du régime, que l'exécutif aimerait voir assainis.

J.M. avec AFP